GEORGES BRASSENS

 

DISCO 9 (1966)

INDICE

1. SUPPLIQUE POUR ÉTRE ENTERRÉ À LA PLAGE DE SÈTE

6. LE BULLETIN DE SANTÉ

2. LE FANTÔME

7. LA NON-DEMANDE EN MARIAGE

3. LA FESSÉE

8. LE GRAND CHÊNE

4. LE PLURIEL

9. CONCURRENCE DÉLOYALE

5. LES QUATRE BACHELIERS

10. L’ÉPAVE

11. LE MOYENÂGEUX

 

PAGINA DE INICIO

 

 

Supplique pour être enterré sur la plage de Sète

 

La Camarde qui ne m'a jamais pardonné,

D'avoir semé des fleurs dans les trous de son nez,

Me poursuit d'un zèle imbécile.

Alors cerné de près par les enterrements,

J'ai cru bon de remettre à jour mon testament,

De me payer un codicille.


Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion,

Trempe, trempe ta plume, ô mon vieux tabellion,

Et de ta plus belle écriture,

Note ce qu'il faudra qu'il advint de mon corps,

Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord,

Que sur un seul point : la rupture.

 
Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon,

Vers celle de Gavroche et de Mimi Pinson,

Celles des titis, des grisettes.

Que vers le sol natal mon corps soit ramené,

Dans un sleeping du Paris-Méditerranée,

Terminus en gare de Sète.


Mon caveau de famille, hélas ! n'est pas tout neuf,

Vulgairement parlant, il est plein comme un œuf,

Et d'ici que quelqu'un n'en sorte,

Il risque de se faire tard et je ne peux,

Dire à ces braves gens : poussez-vous donc un peu,

Place aux jeunes en quelque sorte.


Juste au bord de la mer à deux pas des flots bleus,

Creusez si c'est possible un petit trou moelleux,

Une bonne petite niche.

Auprès de mes amis d'enfance, les dauphins,

Le long de cette grève où le sable est si fin,

Sur la plage de la Corniche.


C'est une plage où même à ses moments furieux,

Neptune ne se prend jamais trop au sérieux,

Où quand un bateau fait naufrage,

Le capitaine crie : "Je suis le maître à bord !

 Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord,

Chacun sa bonbonne et courage".


Et c'est là que jadis à quinze ans révolus,

A l'âge où s'amuser tout seul ne suffit plus,

Je connu la prime amourette.

Auprès d'une sirène, une femme-poisson,

Je reçu de l'amour la première leçon,

Avalai la première: “arête!”.


Déférence gardée envers Paul Valéry,

Moi l'humble troubadour sur lui je renchéris,

Le bon maître me le pardonne.

Et qu'au moins si ses vers valent mieux que les miens,

Mon cimetière soit plus marin que le sien,

Et n'en déplaise aux autochtones.


Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau,

Ne donnera pas une ombre triste au tableau,

Mais un charme indéfinissable.

Les baigneuses s'en serviront de paravent,

Pour changer de tenue et les petits enfants,

Diront : chouette, un château de sable !

 

Est-ce trop demander : sur mon petit lopin,

Planter, je vous en prie une espèce de pin,

Pin parasol de préférence.

Qui saura prémunir contre l'insolation,

Les bons amis venus faire sur ma concession,

D'affectueuses révérences.


Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie,

Tous chargés de parfums, de musiques jolies,

Le Mistral et la Tramontane,

Sur mon dernier sommeil verseront les échos,

De villanelle, un jour, un jour de fandango,

De tarentelle, de sardane.


Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller,

Une ondine viendra gentiment sommeiller,

Avec rien que moins de costume,

J'en demande pardon par avance à Jésus,

Si l'ombre de sa croix s'y couche un peu dessus,

Pour un petit bonheur posthume.


Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon,

Pauvres grands disparus gisant au Panthéon,

Pauvres cendres de conséquence,

Vous envierez un peu l'éternel estivant,

Qui fait du pédalo sur la plage en rêvant,

Qui passe sa mort en vacances.


Vous envierez un peu l'éternel estivant,

Qui fait du pédalo sur la plage en rêvant,

Qui passe sa mort en vacances.

 

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Súplica para ser enterrado en la playa de Séte

 

La muerte que no me ha perdonado nunca
de haberme burlado de ella
me persigue con un celo imbécil.
Entonces, acosado de cerca por los enterradores,
he creído oportuno de poner al día mi testamento,
de pagarme un codicilo.

Moja en la tinta azul del Golfo de León,
moja, moja tu pluma, oh mi viejo escribano

y con tu letra más bonita,
anota lo que tenga que pasar con mi cuerpo,
cuando mi alma y él no estén de acuerdo más
que sobre un solo punto: la ruptura.


Cuando mi alma tome su vuelo hacia el horizonte,
hacia la de Gavroche y de Mimi Pinson, (1)

las de los golfillos de París, de las modistillas.
Que hacia mi tierra natal mi cuerpo sea llevado,
en un coche-cama de Paris-Mediterraneo
,
con llegada en la estación de Sète.

Mi panteón familiar, ¡ay! no es muy nuevo,
vulgarmente hablando, está lleno a rebosar,
y de aquí a que alguien salga de allí,
puede pasar mucho tiempo y yo no puedo
,
decir a esa buena gente: apretaos un poco
y dejad un poco de sitio a los jóvenes.

Justo al borde del mar a dos pasos de las olas azules,
cavad si es posible un pequeño agujero blandito,
un buen nicho pequeñito.
Cerca de mis amigos de la infancia, los delfines,

a lo largo de esta playa donde la arena es tan fina,
sobre la playa de la Corniche.

Es un playa donde incluso en sus momentos más furiosos,
Neptuno no es tomado jamás demasiado en serio,
donde cuando un barco naufraga,
el capitán grita: “Yo soy el jefe a bordo!

sálvese el que pueda, el vino y el pastis lo primero,
cada uno su botella y coraje.”

Y es aquí, donde a mis quince años ya perdidos,
en la edad donde divertirse solo ya no era suficiente,

conocí el primer amorcito.

Cerca de una sirena, una mujer-pez,
yo recibí del amor la primera lección,
tragué mi primer: “¡Quieto!”

Con el debido respeto hacia Paul Valery (2),
yo, el humilde trovador, sobre él yo sobresalga,
el buen maestro me lo perdone.
Y que, al menos, si sus versos valen más que los mios,
mi cementerio sea más marino que el suyo,

y no disguste a los autóctonos.

Esta tumba como un sándwich entre el cielo y el agua,
no dará una sombra triste al paisaje,
sino un encanto indefinible.
Las bañistas se servirán de ella como biombo,

para cambiar de ropa y los niños
dirán: ¡qué bonito, un castillo de arena!

Y si no es demasiado pedir: sobre mi parcelita,
plantad, os lo ruego, alguna especie de pino,

pino parasol preferentemente,
que sabrá proteger contra la insolación,
a los buenos amigos que vengan a mi sepultura para hacer,

afectuosas reverencias.

Que vengan de España, o que vengan de Italia
todos cargados de perfumes de músicas bonitas,
el Mistral y la Tramontana.
Sobre mi último sueño verterán los ecos,

de villanelles un día y otro de fandangos,
de tarantelas y de sardanas.

Y cuando tomando mi colina por una especie de almohada,
una ondina venga a dormitar gentilmente,
con menos que nada de vestidos,
yo pido perdon por adelantado a Jesús,

si la sombra de su cruz se echa un poco encima de ella,
para una pequeña felicidad póstuma.

Pobres reyes faraones, pobre Napoleón.
pobres grandes desaparecidos que yacen en el Panteón (3),
pobres cenizas de gente importante,
vosotros envidiaréis un poco al eterno veraneante,
que se pasea en hidropedales sobre la playa, soñando,
y que pasa su muerte como si fuesen unas vacaciones.


vosotros envidiaréis un poco al eterno veraneante,
que se pasea en hidropedales sobre la playa, soñando,
que pasa su muerte como si fuesen unas vacaciones.

 

(1)     Gavroche et Mimi Pinson: Gavroche es un personaje de la novela “Los Miserables” de Victor Hugo. Representa al chiquillo parisino. Mimi Pinson es la protagonista de un cuento de Alfred de Musset aparecido en 1845. Representa al pueblo llano de París al igual que Gavroche.

(2)     Paul Valery: Se refiere a Paul Valéry (1871-1945), poeta nacido en Sète y autor de “El Cementerio Marino”

(3)     Panteón: Edificio parisino que acoge las tumbas de las glorias civiles de diferentes ámbitos: letras, ciencias, política, etc.

 

 

Le fantôme

 

C'était tremblant, c'était troublant,
C'était vêtu d'un drap tout blanc,
Ça présentait tous les symptômes,
Tous les dehors de la vision,
Les faux airs de l'apparition,
En un mot, c'était un fantôme !

A sa manière d'avancer,
A sa façon de balancer
Les hanches quelque peu convexes,
Je compris que j'avais affaire
A quelqu'un du genr' que j'prefère :
A un fantôme du beau sexe.

" Je suis un p'tit poucet perdu,
Me dit-ell', d'un' voix morfondue,
Un pauvre fantôme en déroute.
Plus de trace des feux follets,
Plus de trace des osselets
Dont j'avais jalonné ma route ! "

" Des poèt's sans inspiration
Auront pris -- quelle aberration ! --
Mes feux follets pour des étoiles.
De pauvres chiens de commissaire
Auront croqué -- quelle misère ! --
Mes oss'lets bien garnis de moelle. "

" A l'heure où le coq chantera,
J'aurai bonn' mine avec mon drap
Plein de faux plis et de coutures !
Et dans ce siècle profane où
Les gens ne croient plus guère à nous,
On va crier à l'imposture. "

Moi, qu'un chat perdu fait pleurer,
Pensez si j'eus le cœur serré
Devant l'embarras du fantôme.
" Venez, dis-je en prenant sa main,
Que je vous montre le chemin,
Que je vous reconduise at home "

L'histoire finirait ici,
Mais la brise, et je l'en r'mercie,
Troussa le drap d'ma cavalière...
Dame, il manquait quelques oss'lets,
Mais le reste, loin d'être laid,
Etait d'un' grâce singulière.

Mon Cupidon, qui avait la
Flèche facile en ce temps-là,
Fit mouche et, le feu sur les tempes,
Je conviai, sournoisement,
La belle à venir un moment
Voir mes icônes, mes estampes...

" Mon cher, dit-ell', vous êtes fou !
J'ai deux mille ans de plus que vous... "
-- Le temps, madam', que nous importe ! --
Mettant le fantôm' sous mon bras,
Bien enveloppé dans son drap,
Vers mes pénates je l'emporte !

Eh bien, messieurs, qu'on se le dis':
Ces belles dames de jadis
Sont de satanées polissonnes,
Plus expertes dans le déduit
Que certain's dames d'aujourd'hui,
Et je ne veux nommer personne !

Au p'tit jour on m'a réveillé,
On secouait mon oreiller
Avec un' fougu' plein' de promesses.
Mais, foin des délic's de Capoue !
C'était mon père criant : " Debout !
Vains dieux, tu vas manquer la messe ! "

 

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El fantasma

 

Estaba tembloroso, era inquietante,

Estaba vestido con un sábana blanca,

Presentaba todos los síntomas,

Todas las señales de una visión,

El aspecto espectral de una aparición,

En una palabara, ¡era un fantasma!

 

Por su forma de andar,

Por su forma de menear

Las caderas un poquito convexas,

Comprendí que me las tenía que ver

Con alguien del género que me gusta:

Con un fantasma del bello sexo.

 

“Soy una Pulgarcita perdida,

me dijo ella, con una voz asustada,

un pobre fantasma extraviado.

¡No hay restos de los fuegos fatuos,

No hay restos de los huesecillos

Con los que había señalado mi camino!

 

“Algunos poetas sin inspiración

habrán tomado ¡qué aberración!

Mis fuegos fatuos por estrellas.

Los pobres perros del comisario

Habrán roído ¡que lástima!

Mis huesecillos bien rellenos de tuétano.”

 

“Cuando el gallo cante por la mañana

¡vaya aspecto tendré con mi sábana

llena de arrugas y de costuras!

Y en este siglo profano en el que

La gente ya apenas cree en nosotros,

Van a gritar al impostor.

 

A mí, al que un gato perdido hace llorar,

Pensad cómo se me puso el corazón

Ante el problema del fantasma.

“Ven, dije cogiendo su mano,

que te muestre el camino,

que te conduzca a casa”.

 

La historia acabaría aquí,

Pero la brisa, y le doy por ello las gracias,

Levantó la sabana de mi acompañante...

¡Dios! Faltaban algunos huesos,

pero el resto, lejos de ser feo,

era de una gracia singular.

 

Mi Cupido, que en ese tiempo

Tenía la flecha fácil,

Dio en el blanco, y con fuego en el alma,

Invité, astutamente,

A la hermosa a venir un momento

A ver mis iconos, mis estampas...

 

“Querido, dijo ella, ¡está usted loco!

Tengo dos mil años más que usted...”

El tiempo, señora, ¡qué nos importa!

Echando mi brazo sobre el fantasma,

Bien envuelto en su sábana,

¡Me lo llevé para casa!

 

Y bien, señores, que se diga:

Estas bellas damas de antaño

Son unas endiabladas granujillas,

Más expertas en el juego amoroso

Que ciertas damas de hoy día,

¡y no quiero nombrar a nadie!

 

Por la mañana me han despertado,

Sacudían mi almohada

Con un ardon lleno de promesas.

Pero, ¡mal hayan las delicias de Capua!

Era mi padre gritando: “¡Arriba!

Por Dios, que vas a perderte la misa!

 

(1) Capua es como la tierra de Jauja en España: la tierra de la abundancia y de la felicidad.

 

 

La fessée

 

La veuve et l'orphelin, quoi de plus émouvant ?
Un vieux copain d'école étant mort sans enfants,
Abandonnant au monde une épouse épatante,
J'allai rendre visite à la désespérée.
Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée,
Je lui tins compagnie dans la chapelle ardente.

Pour endiguer ses pleurs, pour apaiser ses maux,
Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots,
Tous les moyens sont bons au médecin de l'âme...
Bientôt, par la vertu de quelques facéties,
La veuve se tenait les côtes, Dieu merci !
Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes.

Ma pipe dépassait un peu de mon veston.
Aimable, elle m'encouragea : " Bourrez-la donc,
Qu'aucun impératif moral ne vous arrête,
Si mon pauvre mari détestait le tabac,
Maintenant la fumée ne le dérange pas !
Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ? "

A minuit, d'une voix douce de séraphin,
Elle me demanda si je n'avais pas faim.
" Ça le ferait-il revenir, ajouta-t-elle,
De pousser la piété jusqu'à l'inanition :
Que diriez-vous d'une frugale collation ? "
Et nous fîmes un petit souper aux chandelles.

" Regardez s'il est beau ! Dirait-on point qu'il dort.
Ce n'est certes pas lui qui me donnerait tort
De noyer mon chagrin dans un flot de champagne. "
Quand nous eûmes vidé le deuxième magnum,
La veuve était émue, nom d'un petit bonhomm' !
Et son esprit se mit à battre la campagne...

" Mon Dieu, ce que c'est tout de même que de nous ! "
Soupira-t-elle, en s'asseyant sur mes genoux.
Et puis, ayant collé sa lèvre sur ma lèvre,
" Me voilà rassurée, fit-elle, j'avais peur
Que, sous votre moustache en tablier d'sapeur,
Vous ne cachiez coquettement un bec-de-lièvre... "

Un tablier d'sapeur, ma moustache, pensez !
Cette comparaison méritait la fessée.
Retroussant l'insolente avec nulle tendresse,
Conscient d'accomplir, somme toute, un devoir,
Mais en fermant les yeux pour ne pas trop en voir,
Paf ! j'abattis sur elle une main vengeresse !

" Aïe ! vous m'avez fêlé le postérieur en deux ! "
Se plaignit-elle, et je baissai le front, piteux,
Craignant avoir frappé de façon trop brutale.
Mais j'appris, par la suite, et j'en fus bien content,
Que cet état de chos's durait depuis longtemps :
Menteuse ! la fêlure était congénitale.

Quand je levai la main pour la deuxième fois,
Le cœur n'y était plus, j'avais perdu la foi,
Surtout qu'elle s'était enquise, la bougresse :
" Avez-vous remarqué que j'avais un beau cul ?
Et ma main vengeresse est retombée, vaincue!
Et le troisième coup ne fut qu'une caresse...

 

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La azotaina

 

La viuda y el huérfano ¿Hay algo más conmovedor?

Cuando un antiguo compañero del cole murió sin hijos,

Abandonó en la tierra una esposa estupenda,

yo fui a hacerle una visita a la afligida.

Y luego, sin saber donde acabar la noche,

Le hice compañía en la capilla ardiente.

 

Para contener sus lágrimas, para apaciguar sus males,

Me puse a bromear, a decir buenas palabras,

Todos los medios son buenos para el médico del alma...

Muy pronto, gracias a algunas chistes,

La viuda se desternillaba de risa, ¡gracias a Dios!

Como dos enanos, nos lo pasamos bomba.

 

Mi pipa sobresalía de mi chaqueta.

Amablemente, ella me anima: “Llénela.

Que ningún imperativo moral lo detenga,

Si mi pobre marido detestaba el tabaco,

¡Ahora el humo no lo molesta ya!

Pero ¿dónde demonios he puesto mi pitillera?

 

A medianoche, con una voz dulce de serafín,

Ella me preguntó si no tenía hambre.

“Es que lo haría volver, añadió,

llevar la pena hasta la inanición:

¿Qué diría usted de un frugal tentempié?”

E hicimos una pequeña cena a la luz de las velas.

 

“¡Mire qué guapo está! Se diría que duerme.

No es él, por cierto, el que no me daría la razón

De ahogar mi pena en un trago de champán.”

Cuando hubimos vaciado la segunda botella,

La viuda estaba conmovida, ¡santo Dios!

Y su cabeza se puso a divagar...

 

“Dios mío, ¡aquí estamos los dos!

Suspiró ella, sentandose en mis rodillas.

Y luego, al pegar su labio a mi labio,

“Ya estoy segura, dijo, tenía miedo

de que, bajo su bigote que parece un delantal de zapador,

no escondiese coquetamente un labio leporino...”

 

Un delantal de zapador, mi bigote, ¡os dais cuenta!

Esta comparación merecía una azotaina.

Remangando a la insolente sin ningún miramiento,

Consciente de cumplir, ante todo, un deber,

Pero cerrando los ojos para no ver demasiado,

¡Paf! ¡Dejé caer sobre ella una mano vengadora!

 

“¡Ay! “¡Me ha roto usted el trasero en dos!”

se quejó ella, y yo bajé la frente, dolido,

temiendo haber golpeado de manera demasiado brutal.

Pero me di cuenta, enseguida, y me alegré de ello,

Que ese estado de cosas duraba desde hacía mucho:

¡Mentirosa! La hendidura era congénita.

 

Cuando levanté la mano por segunda vez,

Había perdido la concentración, había perdido la fe,

Sobre todo porque ella se preguntó, la picarona:

“¿Se ha dado cuenta usted que tengo un bonito culo?”

Y mi mano vengadora volvió a caer, ¡vencida!

Y el tercer golpe no fue más que una caricia...

Le pluriel

 

" Cher monsieur, m'ont-ils dit, vous en êtes un autre ",
Lorsque je refusai de monter dans leur train.
Oui, sans doute, mais moi, j'fais pas le bon apôtre,
Moi, je n'ai besoin de personn' pour en être un.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les noms des partants on n'verra pas le mien.

Dieu ! que de processions, de monomes, de groupes,
Que de rassemblements, de cortèges divers, -
Que de ligu's, que de cliqu's, que de meut's, que de troupes !
Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les cris des loups on n'entend pas le mien.

Oui, la cause était noble, était bonne, était belle !
Nous étions amoureux, nous l'avons épousée.
Nous souhaitions être heureux tous ensemble avec elle,
Nous étions trop nombreux, nous l'avons défrisée.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les noms d'élus on n'verra pas le mien.

Je suis celui qui passe à côté des fanfares
Et qui chante en sourdine un petit air frondeur.
Je dis, à ces messieurs que mes notes effarent :
" Tout aussi musicien que vous, tas de bruiteurs ! "

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les rangs des pupitr's on n'verra pas le mien.

Pour embrasser la dam', s'il faut se mettre à douze,
J'aime mieux m'amuser tout seul, cré nom de nom !
Je suis celui qui reste à l'écart des partouzes.
L'obélisque est-il monolithe, oui ou non ?

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Au faisceau des phallus on n'verra pas le mien.

Pas jaloux pour un sou des morts des hécatombes,
J'espère être assez grand pour m'en aller tout seul.
Je ne veux pas qu'on m'aide à descendre à la tombe,
Je partage n'importe quoi, pas mon linceul.

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Au faisceau des tibias on n'verra pas les miens.

 

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El plural

 

“Querido señor, me dijeron,  usted es un caso aparte”,

cuando rehusé subir en su tren.

Sí, sin duda, pero yo, yo no me hago el santo,

Yo, yo no tengo necesidad de nadie para ser alguien.

 

El plural no vale de nada al hombre y tan pronto como hay

más de cuatro, lo que hay es una banda de tontos.

Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y la cumplo.

En la lista de los que viajeros no se verá el mío.

 

¡Dios! ¡Qué de procesiones, manifestaciones, grupos,

qué de reuniones, cortejos cambiantes,

qué de ligas, pandillas, jaurías, qué de tropas!

Para un inventario así haría falta un Prévert.

 

El plural no vale de nada al hombre y tan pronto como hay

más de cuatro, lo que hay es una banda de tontos.

Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y la cumplo.

Entre los gritos de los lobos no se oirá el mío.

 

¡Sí! ¡La causa era noble, era buena, era hermosa!

Estábamos enamorados, y nos casamos con ella.

Deseábamos ser felices todos juntos con ella,

Éramos demasiado numerosos y la hemos fastidiado.

 

El plural no vale de nada al hombre y tan pronto como hay

más de cuatro, lo que hay es una banda de tontos.

Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y la cumplo.

Entre los nombres de los elegidos no se verá el mío.

 

Yo soy el que pasa al lado de las fanfarrias

Y que canta con sordina una cancioncilla subversiva.

Y le digo a esos señores que se asustan de mis notas:

“¡Soy tan músico como vosotros, atajo de ruidosos!”.

 

El plural no vale de nada al hombre y tan pronto como hay

más de cuatro, lo que hay es una banda de tontos.

Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y la cumplo.

En la fila de los pupitres no se verá el mío.

 

Si para besar a la dama, hay que ir en docenas,

Prefiero divertirme solo, ¡por todos los diablos!

Soy de los que se quedan fuera de las orgías.

El obelisco es un monolito ¿sí o no?

 

El plural no vale de nada al hombre y tan pronto como hay

más de cuatro, lo que hay es una banda de tontos.

Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y la cumplo.

En los manojos de falos no se verá el mío.

 

No tengo envidia en absoluto de los muertos en hecatombes,

Espero ser lo bastante importante para irme solo.

No quiero que me ayuden a descender a la tumba,

Comparto lo que haga falta, pero no mi mortaja.

 

El plural no vale de nada al hombre y tan pronto como hay

más de cuatro, lo que hay es una banda de tontos.

Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y la cumplo.

En los manojos de tibias no se verán las mías.

 

 

Les quatre bacheliers

 

Nous étions quatre bacheliers
Sans vergogne,
La vraie crème des écoliers,
Des ecoliers.

Pour offrir aux filles des fleurs,
Sans vergogne,
Nous nous fîmes un peu voleurs,
Un peu voleurs.

Les sycophantes du pays,
Sans vergogne,
Aux gendarmes nous ont trahis,
Nous ont trahis.

Et l'on vit quatre bacheliers
Sans vergogne,
Qu'on emmène, les mains liées,
Les mains liées.

On fit venir à la prison,
Sans vergogne,
Les parents des mauvais garçons,
Mauvais garçons.

Les trois premiers pères, les trois,
Sans vergogne,
En perdirent tout leur sang-froid,
Tout leur sang-froid.

Comme un seul ils ont déclaré,
Sans vergogne,
Qu'on les avait déshonorée,
Déshonorés.

Comme un seul ont dit " C'est fini,
Sans vergogne,
Fils indigne, je te renie,
Je te renie. "

Le quatrième des parents,
Sans vergogne,
C'était le plus gros, le plus grand,
Le plus grand.

Quand il vint chercher son voleur
Sans vergogne,
On s'attendait à un malheur,
A un malheur.

Mais il n'a pas déclaré, non,
Sans vergogne,
Que l'on avait sali son nom,
Sali son nom.

Dans le silence on l'entendit,
Sans vergogne,
Qui lui disait : " Bonjour, petit,
Bonjour petit. "

On le vit, on le croirait pas,
Sans vergogne,
Lui tendre sa blague à tabac,
Blague à tabac.

Je ne sais pas s'il eut raison,
Sans vergogne,
D'agir d'une telle façon,
Telle façon.

Mais je sais qu'un enfant perdu,
Sans vergogne,
A de la corde de pendu,
De pendu,

A de la chance quand il a,
Sans vergogne,
Un père de ce tonneau-là,
Ce tonneau-là.

Et si les chrétiens du pays,
Sans vergogne,
Jugent que cet homme a failli,
Homme a failli.

Ça laisse à penser que, pour eux,
Sans vergogne,
L'Evangile, c'est de l'hébreu,
C'est de l'hébreu.

 

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