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Supplique pour être enterré sur la plage de Sète
La Camarde qui ne m'a
jamais pardonné,
D'avoir semé des
fleurs dans les trous de son nez,
Me poursuit d'un zèle
imbécile.
Alors cerné de près
par les enterrements,
J'ai cru bon de remettre
à jour mon testament,
De me payer un
codicille.
Trempe dans l'encre bleue du Golfe du Lion,
Trempe, trempe ta
plume, ô mon vieux tabellion,
Et de ta plus belle
écriture,
Note ce qu'il faudra
qu'il advint de mon corps,
Lorsque mon âme et lui
ne seront plus d'accord,
Que sur un seul point
: la rupture.
Quand mon âme aura pris son vol à l'horizon,
Vers celle de Gavroche
et de Mimi Pinson,
Celles des titis, des
grisettes.
Que vers le sol natal
mon corps soit ramené,
Dans un sleeping du Paris-Méditerranée,
Terminus en gare de
Sète.
Mon caveau de famille, hélas ! n'est pas tout neuf,
Vulgairement parlant,
il est plein comme un œuf,
Et d'ici que quelqu'un
n'en sorte,
Il risque de se faire
tard et je ne peux,
Dire à ces braves gens
: poussez-vous donc un peu,
Place aux jeunes en
quelque sorte.
Juste au bord de la mer à deux pas des flots bleus,
Creusez si c'est
possible un petit trou moelleux,
Une bonne petite
niche.
Auprès de mes amis
d'enfance, les dauphins,
Le long de cette grève
où le sable est si fin,
Sur la plage de la
Corniche.
C'est une plage où même à ses moments furieux,
Neptune ne se prend
jamais trop au sérieux,
Où quand un bateau
fait naufrage,
Le capitaine crie :
"Je suis le maître à bord !
Sauve qui peut, le vin et le pastis d'abord,
Chacun sa bonbonne et
courage".
Et c'est là que jadis à quinze ans révolus,
A l'âge où s'amuser
tout seul ne suffit plus,
Je connu la prime
amourette.
Auprès d'une sirène,
une femme-poisson,
Je reçu de l'amour la
première leçon,
Avalai la première:
“arête!”.
Déférence gardée envers Paul Valéry,
Moi l'humble
troubadour sur lui je renchéris,
Le bon maître me le
pardonne.
Et qu'au moins si ses
vers valent mieux que les miens,
Mon cimetière soit
plus marin que le sien,
Et n'en déplaise aux
autochtones.
Cette tombe en sandwich entre le ciel et l'eau,
Ne donnera pas une
ombre triste au tableau,
Mais un charme
indéfinissable.
Les baigneuses s'en
serviront de paravent,
Pour changer de tenue
et les petits enfants,
Diront : chouette, un
château de sable !
Est-ce trop demander :
sur mon petit lopin,
Planter, je vous en
prie une espèce de pin,
Pin parasol de
préférence.
Qui saura prémunir
contre l'insolation,
Les bons amis venus
faire sur ma concession,
D'affectueuses
révérences.
Tantôt venant d'Espagne et tantôt d'Italie,
Tous chargés de
parfums, de musiques jolies,
Le Mistral et la
Tramontane,
Sur mon dernier
sommeil verseront les échos,
De villanelle, un
jour, un jour de fandango,
De tarentelle, de
sardane.
Et quand prenant ma butte en guise d'oreiller,
Une ondine viendra
gentiment sommeiller,
Avec rien que moins de
costume,
J'en demande pardon
par avance à Jésus,
Si l'ombre de sa croix
s'y couche un peu dessus,
Pour un petit bonheur
posthume.
Pauvres rois pharaons, pauvre Napoléon,
Pauvres grands
disparus gisant au Panthéon,
Pauvres cendres de
conséquence,
Vous envierez un peu
l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur
la plage en rêvant,
Qui passe sa mort en
vacances.
Vous envierez un peu l'éternel estivant,
Qui fait du pédalo sur
la plage en rêvant,
Qui passe sa mort en
vacances.
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Súplica para ser enterrado en la playa de Séte
La muerte que no me ha perdonado nunca
de haberme burlado de ella
me persigue con un celo imbécil.
Entonces, acosado de cerca por los enterradores,
he creído oportuno de poner al día mi testamento,
de
pagarme un codicilo.
Moja
en la tinta azul del Golfo de León,
moja, moja tu pluma, oh mi
viejo escribano
y
con tu letra más bonita,
anota
lo que tenga que pasar con mi cuerpo,
cuando
mi alma y él no estén de acuerdo más
que
sobre un solo punto: la ruptura.
Cuando
mi alma tome su vuelo hacia el horizonte,
hacia la de Gavroche y de Mimi
Pinson, (1)
las
de los golfillos de París, de las modistillas.
Que
hacia mi tierra natal mi cuerpo sea llevado,
en un coche-cama de Paris-Mediterraneo,
con
llegada en la estación de Sète.
Mi
panteón familiar, ¡ay! no es muy nuevo,
vulgarmente
hablando, está lleno a rebosar,
y de aquí a que alguien salga de allí,
puede pasar mucho tiempo y yo no puedo,
decir
a esa buena gente: apretaos un poco
y
dejad un poco de sitio a los jóvenes.
Justo
al borde del mar a dos pasos de las olas azules,
cavad
si es posible un pequeño agujero blandito,
un
buen nicho pequeñito.
Cerca de mis amigos de la infancia, los delfines,
a
lo largo de esta playa donde la arena es tan fina,
sobre
la playa de la Corniche.
Es
un playa donde incluso en sus momentos más furiosos,
Neptuno
no es tomado jamás demasiado en serio,
donde
cuando un barco naufraga,
el
capitán grita: “Yo soy el jefe a bordo!
sálvese el que pueda,
el vino y el pastis lo primero,
cada uno su botella y coraje.”
Y
es aquí, donde a mis quince años ya perdidos,
en la edad donde divertirse solo ya no era suficiente,
conocí
el primer amorcito.
Cerca de una sirena, una mujer-pez,
yo
recibí del amor la primera lección,
tragué
mi primer: “¡Quieto!”
Con
el debido respeto hacia Paul Valery (2),
yo,
el humilde trovador, sobre él yo sobresalga,
el buen maestro me lo perdone.
Y que, al menos, si sus versos valen más que los mios,
mi cementerio sea más marino que el suyo,
y
no disguste a los autóctonos.
Esta
tumba como un sándwich entre el cielo y el agua,
no
dará una sombra triste al paisaje,
sino un encanto indefinible.
Las bañistas se servirán de ella como biombo,
para
cambiar de ropa y los niños
dirán: ¡qué bonito, un castillo de arena!
Y
si no es demasiado pedir: sobre mi parcelita,
plantad, os lo ruego, alguna especie de pino,
pino
parasol preferentemente,
que sabrá proteger contra la insolación,
a los buenos amigos que vengan a mi sepultura para hacer,
afectuosas
reverencias.
Que
vengan de España, o que vengan de Italia
todos
cargados de perfumes de músicas bonitas,
el Mistral y la Tramontana.
Sobre mi último sueño verterán los ecos,
de
villanelles un día y otro de fandangos,
de
tarantelas y de sardanas.
Y
cuando tomando mi colina por una especie de almohada,
una
ondina venga a dormitar gentilmente,
con
menos que nada de vestidos,
yo pido perdon por adelantado a Jesús,
si
la sombra de su cruz se echa un poco encima de ella,
para una pequeña felicidad póstuma.
Pobres reyes faraones, pobre Napoleón.
pobres grandes desaparecidos que yacen en el
Panteón (3),
pobres
cenizas de gente importante,
vosotros
envidiaréis un poco al eterno veraneante,
que
se pasea en hidropedales sobre la playa, soñando,
y que pasa su muerte como si fuesen unas vacaciones.
vosotros envidiaréis un poco al eterno
veraneante,
que
se pasea en hidropedales sobre la playa, soñando,
que
pasa su muerte como si fuesen unas vacaciones.
(1)
Gavroche et Mimi Pinson: Gavroche es un personaje de la novela “Los Miserables” de
Victor Hugo. Representa al chiquillo parisino. Mimi Pinson es la protagonista
de un cuento de Alfred de Musset
aparecido en 1845. Representa al pueblo llano de París al igual que Gavroche.
(2)
Paul Valery: Se
refiere a Paul Valéry
(1871-1945), poeta nacido en Sète y autor de “El Cementerio Marino”
(3)
Panteón: Edificio parisino que acoge las tumbas de las
glorias civiles de diferentes ámbitos: letras, ciencias, política, etc.
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Le fantôme
C'était tremblant, c'était troublant,
C'était vêtu d'un drap tout blanc,
Ça présentait tous les symptômes,
Tous les dehors de la vision,
Les faux airs de l'apparition,
En un mot, c'était un fantôme !
A sa manière d'avancer,
A sa façon de balancer
Les hanches quelque peu convexes,
Je compris que j'avais affaire
A quelqu'un du genr' que j'prefère
:
A un fantôme du beau sexe.
" Je suis un p'tit poucet perdu,
Me dit-ell', d'un' voix morfondue,
Un pauvre fantôme en déroute.
Plus de trace des feux follets,
Plus de trace des osselets
Dont j'avais jalonné ma route ! "
" Des poèt's sans inspiration
Auront pris -- quelle aberration ! --
Mes feux follets pour des étoiles.
De pauvres chiens de commissaire
Auront croqué -- quelle misère ! --
Mes oss'lets bien garnis de moelle. "
" A l'heure où le coq chantera,
J'aurai bonn' mine avec mon drap
Plein de faux plis et de coutures !
Et dans ce siècle profane où
Les gens ne croient plus guère à nous,
On va crier à l'imposture. "
Moi, qu'un chat perdu fait pleurer,
Pensez si j'eus le cœur serré
Devant l'embarras du fantôme.
" Venez, dis-je en prenant sa main,
Que je vous montre le chemin,
Que je vous reconduise at home "
L'histoire finirait ici,
Mais la brise, et je l'en r'mercie,
Troussa le drap d'ma cavalière...
Dame, il manquait quelques oss'lets,
Mais le reste, loin d'être laid,
Etait d'un' grâce singulière.
Mon Cupidon, qui avait la
Flèche facile en ce temps-là,
Fit mouche et, le feu sur les tempes,
Je conviai, sournoisement,
La belle à venir un moment
Voir mes icônes, mes estampes...
" Mon cher, dit-ell', vous êtes fou !
J'ai deux mille ans de plus que vous... "
-- Le temps, madam', que nous importe ! --
Mettant le fantôm' sous mon bras,
Bien enveloppé dans son drap,
Vers mes pénates je l'emporte !
Eh bien, messieurs, qu'on se le dis':
Ces belles dames de jadis
Sont de satanées polissonnes,
Plus expertes dans le déduit
Que certain's dames d'aujourd'hui,
Et je ne veux nommer personne !
Au p'tit jour on m'a réveillé,
On secouait mon oreiller
Avec un' fougu' plein' de promesses.
Mais, foin des délic's de Capoue !
C'était mon père criant : " Debout !
Vains dieux, tu vas manquer la messe ! "
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El fantasma
Estaba tembloroso, era inquietante,
Estaba vestido con un sábana blanca,
Presentaba todos los síntomas,
Todas las señales de una visión,
El aspecto espectral de una aparición,
En una palabara,
¡era un fantasma!
Por su forma de andar,
Por su forma de menear
Las caderas un poquito convexas,
Comprendí que me las tenía que ver
Con alguien del género que me gusta:
Con un fantasma del bello sexo.
“Soy una Pulgarcita
perdida,
me dijo ella, con una voz asustada,
un pobre fantasma
extraviado.
¡No hay restos de los fuegos fatuos,
No hay restos de los huesecillos
Con los que había señalado mi camino!
“Algunos poetas sin inspiración
habrán tomado ¡qué
aberración!
Mis fuegos fatuos por estrellas.
Los pobres perros del comisario
Habrán roído ¡que lástima!
Mis huesecillos
bien rellenos de tuétano.”
“Cuando el gallo cante por la mañana
¡vaya aspecto tendré con mi sábana
llena de arrugas y
de costuras!
Y en este siglo profano en el que
La gente ya apenas cree en nosotros,
Van a gritar al impostor.
A mí, al que un gato perdido hace
llorar,
Pensad cómo se me puso el corazón
Ante el problema del fantasma.
“Ven, dije cogiendo su mano,
que te muestre el camino,
que te conduzca a
casa”.
La historia acabaría aquí,
Pero la brisa, y le doy por ello las
gracias,
Levantó la sabana de mi acompañante...
¡Dios! Faltaban algunos huesos,
pero el resto, lejos de ser feo,
era de una gracia
singular.
Mi Cupido, que en ese tiempo
Tenía la flecha fácil,
Dio en el blanco, y con fuego en el
alma,
Invité, astutamente,
A la hermosa a venir un momento
A ver mis iconos, mis estampas...
“Querido, dijo ella, ¡está usted loco!
Tengo dos mil años más que usted...”
El tiempo, señora, ¡qué nos importa!
Echando mi brazo sobre el fantasma,
Bien envuelto en su sábana,
¡Me lo llevé para casa!
Y bien, señores, que se diga:
Estas bellas damas de antaño
Son unas endiabladas granujillas,
Más expertas en el juego amoroso
Que ciertas damas de hoy día,
¡y no quiero
nombrar a nadie!
Por la mañana me han despertado,
Sacudían mi almohada
Con un ardon
lleno de promesas.
Pero, ¡mal hayan
las delicias de Capua!
Era mi padre gritando: “¡Arriba!
Por Dios, que vas a perderte la misa!”
(1) Capua es
como la tierra de Jauja en España: la tierra de la abundancia y de la
felicidad.
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La fessée
La veuve et l'orphelin, quoi de plus émouvant ?
Un vieux copain d'école étant mort sans enfants,
Abandonnant au monde une épouse épatante,
J'allai rendre visite à la désespérée.
Et puis, ne sachant plus où finir ma soirée,
Je lui tins compagnie dans la chapelle ardente.
Pour endiguer ses pleurs, pour apaiser ses maux,
Je me mis à blaguer, à sortir des bons mots,
Tous les moyens sont bons au médecin de l'âme...
Bientôt, par la vertu de quelques facéties,
La veuve se tenait les côtes, Dieu merci !
Ainsi que des bossus, tous deux nous rigolâmes.
Ma pipe dépassait un peu de mon veston.
Aimable, elle m'encouragea : " Bourrez-la donc,
Qu'aucun impératif moral ne vous arrête,
Si mon pauvre mari détestait le tabac,
Maintenant la fumée ne le dérange pas !
Mais où diantre ai-je mis mon porte-cigarettes ? "
A minuit, d'une voix douce de séraphin,
Elle me demanda si je n'avais pas faim.
" Ça le ferait-il revenir, ajouta-t-elle,
De pousser la piété jusqu'à l'inanition :
Que diriez-vous d'une frugale collation ? "
Et nous fîmes un petit souper aux chandelles.
" Regardez s'il est beau ! Dirait-on point qu'il dort.
Ce n'est certes pas lui qui me donnerait tort
De noyer mon chagrin dans un flot de champagne. "
Quand nous eûmes vidé le deuxième magnum,
La veuve était émue, nom d'un petit bonhomm' !
Et son esprit se mit à battre la campagne...
" Mon Dieu, ce que c'est tout de même que de nous ! "
Soupira-t-elle, en s'asseyant sur mes genoux.
Et puis, ayant collé sa lèvre sur ma lèvre,
" Me voilà rassurée, fit-elle, j'avais peur
Que, sous votre moustache en tablier d'sapeur,
Vous ne cachiez coquettement un bec-de-lièvre... "
Un tablier d'sapeur, ma moustache, pensez !
Cette comparaison méritait la fessée.
Retroussant l'insolente avec nulle tendresse,
Conscient d'accomplir, somme toute, un devoir,
Mais en fermant les yeux pour ne pas trop en voir,
Paf ! j'abattis sur elle une main vengeresse !
" Aïe ! vous m'avez fêlé le postérieur en deux ! "
Se plaignit-elle, et je baissai le front, piteux,
Craignant avoir frappé de façon trop brutale.
Mais j'appris, par la suite, et j'en fus bien content,
Que cet état de chos's durait depuis longtemps :
Menteuse ! la fêlure était congénitale.
Quand je levai la main pour la deuxième fois,
Le cœur n'y était plus, j'avais perdu la foi,
Surtout qu'elle s'était enquise, la bougresse :
" Avez-vous remarqué que j'avais un beau cul ?
Et ma main vengeresse est retombée, vaincue!
Et le troisième coup ne fut qu'une caresse...
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La azotaina
La viuda y el huérfano ¿Hay algo más
conmovedor?
Cuando un antiguo compañero del cole murió sin hijos,
Abandonó en la tierra una esposa
estupenda,
yo fui a hacerle
una visita a la afligida.
Y luego, sin saber donde acabar la
noche,
Le hice compañía en la capilla
ardiente.
Para contener sus lágrimas, para
apaciguar sus males,
Me puse a bromear, a decir buenas
palabras,
Todos los medios son buenos para el
médico del alma...
Muy pronto, gracias a algunas chistes,
La viuda se desternillaba de risa,
¡gracias a Dios!
Como dos enanos, nos lo pasamos bomba.
Mi pipa sobresalía de mi chaqueta.
Amablemente, ella me anima: “Llénela.
Que ningún imperativo moral lo detenga,
Si mi pobre marido detestaba el tabaco,
¡Ahora el humo no lo molesta ya!
Pero ¿dónde demonios he puesto mi
pitillera?
A medianoche, con una voz dulce de
serafín,
Ella me preguntó si no tenía hambre.
“Es que lo haría volver, añadió,
llevar la pena hasta la inanición:
¿Qué diría usted de un frugal
tentempié?”
E hicimos una pequeña cena a la luz de
las velas.
“¡Mire qué guapo está! Se diría que
duerme.
No es él, por cierto, el que no me
daría la razón
De ahogar mi pena en un trago de
champán.”
Cuando hubimos vaciado la segunda
botella,
La viuda estaba conmovida, ¡santo Dios!
Y su cabeza se puso a divagar...
“Dios mío, ¡aquí estamos los dos!
Suspiró ella, sentandose
en mis rodillas.
Y luego, al pegar su labio a mi labio,
“Ya estoy segura, dijo, tenía miedo
de que, bajo su bigote que parece un
delantal de zapador,
no escondiese
coquetamente un labio leporino...”
Un delantal de zapador, mi bigote, ¡os
dais cuenta!
Esta comparación merecía una azotaina.
Remangando a la insolente sin ningún
miramiento,
Consciente de cumplir, ante todo, un
deber,
Pero cerrando los ojos para no ver
demasiado,
¡Paf! ¡Dejé
caer sobre ella una mano vengadora!
“¡Ay! “¡Me ha roto usted el trasero en
dos!”
se quejó ella, y yo bajé la frente,
dolido,
temiendo haber golpeado
de manera demasiado brutal.
Pero me di cuenta, enseguida, y me
alegré de ello,
Que ese estado de cosas duraba desde
hacía mucho:
¡Mentirosa! La hendidura era congénita.
Cuando levanté la mano por segunda vez,
Había perdido la concentración, había
perdido la fe,
Sobre todo porque ella se preguntó, la
picarona:
“¿Se ha dado cuenta usted que tengo un
bonito culo?”
Y mi mano vengadora volvió a caer,
¡vencida!
Y el tercer golpe no fue más que una caricia...
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Le pluriel
" Cher monsieur, m'ont-ils dit, vous en
êtes un autre ",
Lorsque je refusai de monter dans leur train.
Oui, sans doute, mais moi, j'fais pas le bon apôtre,
Moi, je n'ai besoin de personn' pour en être un.
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les noms des partants on n'verra pas le mien.
Dieu ! que de processions, de monomes, de groupes,
Que de rassemblements, de cortèges divers, -
Que de ligu's, que de cliqu's,
que de meut's, que de troupes !
Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert.
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les cris des loups on n'entend pas le mien.
Oui, la cause était noble, était bonne, était belle !
Nous étions amoureux, nous l'avons épousée.
Nous souhaitions être heureux tous ensemble avec elle,
Nous étions trop nombreux, nous l'avons défrisée.
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les noms d'élus on n'verra pas le mien.
Je suis celui qui passe à côté des fanfares
Et qui chante en sourdine un petit air frondeur.
Je dis, à ces messieurs que mes notes effarent :
" Tout aussi musicien que vous, tas de bruiteurs ! "
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les rangs des pupitr's on n'verra
pas le mien.
Pour embrasser la dam', s'il faut se mettre à douze,
J'aime mieux m'amuser tout seul, cré nom de nom !
Je suis celui qui reste à l'écart des partouzes.
L'obélisque est-il monolithe, oui ou non ?
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Au faisceau des phallus on n'verra pas le mien.
Pas jaloux pour un sou des morts des hécatombes,
J'espère être assez grand pour m'en aller tout seul.
Je ne veux pas qu'on m'aide à descendre à la tombe,
Je partage n'importe quoi, pas mon linceul.
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Au faisceau des tibias on n'verra pas les miens.
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El plural
“Querido señor, me dijeron, usted es un caso aparte”,
cuando rehusé subir
en su tren.
Sí, sin duda, pero yo, yo no me hago el
santo,
Yo, yo no tengo necesidad de nadie para
ser alguien.
El plural no vale de nada al hombre y
tan pronto como hay
más de cuatro, lo
que hay es una banda de tontos.
Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y
la cumplo.
En la lista de los que viajeros no se
verá el mío.
¡Dios! ¡Qué de procesiones,
manifestaciones, grupos,
qué de reuniones, cortejos cambiantes,
qué de ligas,
pandillas, jaurías, qué de tropas!
Para un inventario así haría falta un Prévert.
El plural no vale de nada al hombre y
tan pronto como hay
más de cuatro, lo
que hay es una banda de tontos.
Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y
la cumplo.
Entre los gritos de los lobos no se
oirá el mío.
¡Sí! ¡La causa era noble, era buena,
era hermosa!
Estábamos enamorados, y nos casamos con
ella.
Deseábamos ser felices todos juntos con
ella,
Éramos demasiado numerosos y la hemos
fastidiado.
El plural no vale de nada al hombre y
tan pronto como hay
más de cuatro, lo
que hay es una banda de tontos.
Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y
la cumplo.
Entre los nombres de los elegidos no se
verá el mío.
Yo soy el que pasa al lado de las
fanfarrias
Y que canta con sordina una
cancioncilla subversiva.
Y le digo a esos señores que se asustan
de mis notas:
“¡Soy tan músico como vosotros, atajo
de ruidosos!”.
El plural no vale de nada al hombre y
tan pronto como hay
más de cuatro, lo
que hay es una banda de tontos.
Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y
la cumplo.
En la fila de los pupitres no se verá
el mío.
Si para besar a la dama, hay que ir en
docenas,
Prefiero divertirme solo, ¡por todos
los diablos!
Soy de los que se quedan fuera de las
orgías.
El obelisco es un monolito ¿sí o no?
El plural no vale de nada al hombre y
tan pronto como hay
más de cuatro, lo
que hay es una banda de tontos.
Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y
la cumplo.
En los manojos de falos
no se verá el mío.
No tengo envidia en absoluto de los
muertos en hecatombes,
Espero ser lo bastante importante para
irme solo.
No quiero que me ayuden a descender a
la tumba,
Comparto lo que haga falta, pero no mi
mortaja.
El plural no vale de nada al hombre y
tan pronto como hay
más de cuatro, lo
que hay es una banda de tontos.
Banda aparte, ¡caramba! Es mi norma y
la cumplo.
En los manojos de tibias no se verán
las mías.
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Les quatre bacheliers
Nous étions quatre bacheliers
Sans vergogne,
La vraie crème des écoliers,
Des ecoliers.
Pour offrir aux filles des fleurs,
Sans vergogne,
Nous nous fîmes un peu voleurs,
Un peu voleurs.
Les sycophantes du pays,
Sans vergogne,
Aux gendarmes nous ont trahis,
Nous ont trahis.
Et l'on vit quatre bacheliers
Sans vergogne,
Qu'on emmène, les mains liées,
Les mains liées.
On fit venir à la prison,
Sans vergogne,
Les parents des mauvais garçons,
Mauvais garçons.
Les trois premiers pères, les trois,
Sans vergogne,
En perdirent tout leur sang-froid,
Tout leur sang-froid.
Comme un seul ils ont déclaré,
Sans vergogne,
Qu'on les avait déshonorée,
Déshonorés.
Comme un seul ont dit " C'est fini,
Sans vergogne,
Fils indigne, je te renie,
Je te renie. "
Le quatrième des parents,
Sans vergogne,
C'était le plus gros, le plus grand,
Le plus grand.
Quand il vint chercher son voleur
Sans vergogne,
On s'attendait à un malheur,
A un malheur.
Mais il n'a pas déclaré, non,
Sans vergogne,
Que l'on avait sali son nom,
Sali son nom.
Dans le silence on l'entendit,
Sans vergogne,
Qui lui disait : " Bonjour, petit,
Bonjour petit. "
On le vit, on le croirait pas,
Sans vergogne,
Lui tendre sa blague à tabac,
Blague à tabac.
Je ne sais pas s'il eut raison,
Sans vergogne,
D'agir d'une telle façon,
Telle façon.
Mais je sais qu'un enfant perdu,
Sans vergogne,
A de la corde de pendu,
De pendu,
A de la chance quand il a,
Sans vergogne,
Un père de ce tonneau-là,
Ce tonneau-là.
Et si les chrétiens du pays,
Sans vergogne,
Jugent que cet homme a failli,
Homme a failli.
Ça laisse à penser que, pour eux,
Sans vergogne,
L'Evangile, c'est de l'hébreu,
C'est de l'hébreu.
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