GEORGES BRASSENS

 

DISCO 8 (1965)

INDICE

1. LES COPAINS D’ABORD

6. LES DEUX ONCLES

2. LES QUAT’Z’ARTS

7. VÉNUS CALLIPYGE

3. LE PETIT JOUEUR DE FLÛTEAU

8. LE MOUTON DE PANURGE

4. LA TONDUE

9. LA ROUTE AUX QUATRE CHANSONS

5. LE VINGT-DEUX SEPTEMBRE

10. SATURNE

11. LE GRAND PAN

 

 

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Les copains d'abord

 

Non, ce n'était pas le radeau

De la Méduse, ce bateau

Qu'on se le dise au fond des ports

Dise au fond des ports

Il naviguait en pèr' peinard

Sur la grand-mare des canards

Et s'app'lait les Copains d'abord

Les Copains d'abord


Ses fluctuat nec mergitur

C'était pas d'la litterature

N'en déplaise aux jeteurs de sort

Aux jeteurs de sort

Son capitaine et ses mat'lots

N'étaient pas des enfants d'salauds

Mais des amis franco de port

Des copains d'abord


C'étaient pas des amis de luxe

Des petits Castor et Pollux

Des gens de Sodome et Gomorrhe

Sodome et Gomorrhe

C'étaient pas des amis choisis

Par Montaigne et La Boetie

Sur le ventre ils se tapaient fort

Les copains d'abord


C'étaient pas des anges non plus

L'Évangile, ils l'avaient pas lu

Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors

Tout's voil's dehors

Jean, Pierre, Paul et compagnie

C'était leur seule litanie

Leur Credo, leur Confiteor,

Aux copains d'abord


Au moindre coup de Trafalgar

C'est l'amitié qui prenait l'quart

C'est elle qui leur montrait le nord

Leur montrait le nord

Et quand ils étaient en détresse

Qu'leurs bras lancaient des S.O.S.

On aurait dit les sémaphores

Les copains d'abord


Au rendez-vous des bons copains

Y avait pas souvent de lapins

Quand l'un d'entre eux manquait a bord

C'est qu'il était mort

Oui, mais jamais, au grand jamais

Son trou dans l'eau n'se refermait

Cent ans après, coquin de sort

Il manquait encore


Des bateaux j'en ai pris beaucoup

Mais le seul qu'ait tenu le coup

Qui n'ai jamais viré de bord

Mais viré de bord

Naviguait en père peinard

Sur la grand-mare des canards

Et s'app'lait les Copains d'abord

Les Copains d'abord

 

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Los amigos primero

 

No, no es el esqueleto
De la Medusa, este barco

Que se sepan en el fondo del puerto
Sepan en el fondo del puerto
Él navegaba tranquilamente (1)
Por encima del qué dirán
Y se llamaba los Amigos Primero
Los Amigos Primero

Sus fluctuat nec mergitur (2)
No eran literatura
No disgustaba a los hechiceros
A los hechiceros
Su capitán y sus marineros
No eran hijos de putas
Sino buenos amigos desinteresados
Antes que nada amigos

No eran amigos de lujo
Pequeños Castor y Pollux (3)
Gentes de Sodoma y Gomorra
Sodoma y Gomorra
No eran amigos elegidos
Por Montaigne y la Boetie (4)
En la barriga se daban buenas palmadas
Los amigos primero.


Tampoco eran ángeles
El evangelio no lo habían leído
Pero se querían a toda máquina
A toda máquina
Jean, Pierre, Paul y compañía
Era su unica letanía
Su Credo, su Confiteor
Para los amigos primero.

Al menor aviso de un Trafalgar
Era la amistad quien se ponía en guardia
Era ella quien les mostraba el norte
Les mostraba el norte
Y cuando estaban en apuros
y sus brazos lanzaban S.O.S.,
Parecían faros
Los amigos primero.

En las citas de los buenos amigos
No solía haber ausentes
Cuando uno de ellos no subía a bordo
Era porque había muerto.
Sí, pero nunca, nunca jamás,
Se cerraba su agujero en el agua
Cien años después, pillo con suerte,
Todavía faltaba.

Yo he tomado muchos barcos
Pero el único que ha aguantado
Que no ha cambiado de rumbo
Cambiado de rumbo
Navegaba tranquilamente
Por encima de qué dirán
Y se llamaba los Amigos Primero
Los amigos Primero

 

(1)     Père peinard: Un père peinard es un hombre que gusta de vivir tranquilo y sin sobresaltos, se cuida y es apacible.

(2)     Fluctuat nec mergitur: Es una expresión latina que significa “flota y no se hunde”. Este es el lema de París desde la Edad Media. París fue un importante puerto fluvial.

(3)     Castor y Pollux: Personajes mitológicos que simbolizan la amistad sin fallas. Eran hijos de Zeus y Leda. Son los dioses protectores de los marinos.

(4)     Montaigne y La Boétie: Étienne de la Boétie (1530-1563) escritor de gran erudición debe parte de su fama a la amistad que le unió con Montaigne.

 

  

  Les quat’z’arts

 

Les copains affligés, les copines en pleurs
La boîte à dominos enfouie sous les fleurs
Tout le monde équipé de sa tenue de deuil
La farce était bien bonne et valait le coup d'œil

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
L'enterrement paraissait officiel. Bravo!

Le mort ne chantait pas : "Ah ! c'qu'on s'emmerde ici !"
Il prenait son trépas à cœur, cette fois-ci
Et les bonshomm's chargés de la levée du corps
Ne chantaient pas non plus "Saint-Eloi bande encor !"


Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
Le macchabée semblait tout à fait mort. Bravo !

Ce n'étaient pas du tout des filles en tutu
Avec des fess's à claque et des chapeaux pointus
Les commères choisies pour les cordons du poêle
Et nul ne leur criait: "A poil ! A poil ! A poil !"

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
Les pleureuses sanglotaient pour de bon. Bravo !

Le curé n'avait pas un goupillon factice
Un de ces goupillons en forme de phallus
Et quand il y alla de ses de profondis
L'enfant de chœur répliqua pas morpionibus

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
Le curé venait pas de Camaret. Bravo !

On descendit la bière et je fus bien déçu
La blague maintenant frisait le mauvais goût
Car le mort se laissa jeter la terr' dessus
Sans lever le couvercle en s'écriant "Coucou !"

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
Le cercueil n'était pas à double fond. Bravo !

Quand tout fut consommé, je leur ai dit : "Messieurs
Allons faire à présent la tournée des boxons !"
Mais ils m'ont regardé avec de pauvres yeux
Puis ils m'ont embrassé d'une étrange façon

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
Leur compassion semblait venir du cœur. Bravo !

Quand je suis ressorti de ce champ de navets
L'ombre de l'ici-gît pas à pas me suivait
Une petite croix de trois fois rien du tout
Faisant, à elle seul', de l'ombre un peu partout

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
Les revenants s'en mêlaient à leur tour. Bravo !

J'ai compris ma méprise un petit peu plus tard
Quand, allumant ma pipe avec le faire-part
J'm'aperçus que mon nom, comm' celui d'un bourgeois
Occupait sur la liste une place de choix

Les quat'z'arts avaient fait les choses comme il faut
J'étais le plus proch' parent du défunt. Bravo !

Adieu ! les faux tibias, les crânes de carton
Plus de marche funèbre au son des mirlitons
Au grand bal des quat'z'arts nous n'irons plus danser
Les vrais enterrements viennent de commencer

Nous n'irons plus danser au grand bal des quat'z'arts
Viens, pépère, on va se ranger des corbillards

 

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Los estudiantes de Bellas Artes.

 

Los amigos afligidos, las amigas llorando (1)

El ataúd hundido bajo las flores

Todo el mundo con su ropa de duelo

La farsa era bastante buena y merecía la pena un vistazo.

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

El entierro parecía oficial. ¡Bravo!

 

El muerto no cantaba “¡Ah, como me aburro aquí!”

Se tomaba su muerte en serio, esta vez.

Y la buena gente encargada de llevar el cuerpo

No cantaban tampoco: “¡San Eloy está empalmado aún!”

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

El fiambre parecía un muerto de verdad ¡Bravo!

 

No había ninguna chica con tutú

Con unos buenos culos o con sombreros puntiagudos

Entre las comadres elegidas para las cintas del féretro

Y nadie les gritaba: “¡En pelotas, en pelotas!”

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

Las plañideras lloraban de lo lindo. ¡Bravo!

 

El cura no llevaba un hisopo falso

Uno de esos hisopos en forma de falo

Y cuando lanzaba sus de profundis

El monaguillo no replicó morpionibus.

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

El cura no venía del teatro. ¡Bravo!

 

Bajaron el ataúd y me decepcione bastante

El chiste ya rozaba el mal gusto,

Pues el muerto se dejo echar la tierra encima

Sin levantar la tapa gritando “¡Cu-cu!”

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

El ataúd no tenía un doble fondo. ¡Bravo!

 

Cuando todo acabó, les dije: “Señores

¡Vámonos ahora a dar una vuelta por los puticlubs!”

Pero me miraron con lástima en los ojos

Y luego me besaron de una manera rara,

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

Su compasión parecía salirles del corazón. ¡Bravo!

 

Cuando salí del cementerio

La sombra del aquí yace me seguía los pasos

Una crucecilla de nada

daba, ella sola, sombra por todas partes

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

Los espectros se mezclaban según su turno ¡Bravo!

 

Comprendí mi error un poco más tarde

Cuando, encendiendo mi pipa con la lista de invitados

Me cuenta que mi nombre, como el de un burgués,

Ocupaba en la lista un lugar preferente.

 

Los estudiantes habían hecho bien las cosas

Yo era el pariente más próximo del difunto. ¡Bravo!

 

Adiós, las falsas tibias, los cráneos de cartón

Se acabaron las marchas fúnebres al son del mirlitón

Ya no iremos a bailar más al baile de los estudiantes

Los verdaderos entierros acaban de empezar

 

Ya no iremos a bailar más al baile de los estudiantes

Ven, abuelo, vamos a buscarnos unos ataúdes.

 

(1)     Quat’z’arts: Les Quat’z’arts hace referencia a las cuatro disciplinas artísticas que se estudiaban en la Escuela de Bellas Artes: arquitectura, escultura, grabado y pintura. Los estudiantes eran famosos, entre otras juergas, por sus fiestas funerarias en las que se burlaban de la muerte.

 

 

Le petit joueur de flûteau

Le petit joueur de flûteau
Menait la musique au château
Pour la grâce de ses chansons
Le roi lui offrit un blason
Je ne veux pas être noble
Répondit le croque-note
Avec un blason à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Et mon pauvre petit clocher
Me semblerait trop bas perché
Je ne plierais plus les genoux
Devant le bon Dieu de chez nous
Il faudrait à ma grande âme
Tous les saints de Notre-Dame
Avec un évêque à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Et la chambre où j'ai vu la jour
Me serait un triste séjour
Je quitterai mon lit mesquin
Pour une couche à baldaquin
Je changerais ma chaumière
Pour une gentilhommière
Avec un manoir à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Je serai honteux de mon sang
Des aïeux de qui je descends
On me verrait bouder dessus
La branche dont je suis issu
Je voudrais un magnifique
Arbre généalogique
Avec du sang bleu a la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Je ne voudrais plus épouser
Ma promise, ma fiancée
Je ne donnerais pas mon nom
A une quelconque Ninon
Il me faudrait pour compagne
La fille d'un grand d'Espagne
Avec un' princesse à la clé
Mon la se mettrait à gonfler
On dirait par tout le pays
Le joueur de flûte a trahi

Le petit joueur de flûteau
Fit la révérence au château
Sans armoiries, sans parchemin
Sans gloire il se mit en chemin
Vers son clocher, sa chaumine
Ses parents et sa promise
Nul ne dise dans le pays
Le joueur de flûte a trahi
Et Dieu reconnaisse pour sien
Le brave petit musicien

 

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El pequeño flautista

 

El pequeño flautista

Llevaba la música al castillo

Por la gracia de sus canciones

El rey le ofreció un blasón.

Yo no quiero ser noble

Respondió el músico

Con un blasón en mi partitura

Mi “La” se inflaría de vanidad

Y dirían por todo el país

El flautista nos ha traicionado

 

Y mi pobre y pequeño campanario

No me parecería los suficientemente alto

No me arrodillaría más

Delante de nuestro Dios

Mi gran alma necesitaría

Todos los santos de Nôtre-Dame

Con un obispo en mi partitura

Mi “La” se inflaría de vanidad

Y dirían por todo el país

El flautista nos ha traicionado.

 

Y la habitación donde nací

Me parecería una triste morada

Y dejaría mi cama mezquina

Por una cama con baldquino

Cambiaría mi choza

Por una casa solariega

Con un mayorazago en mi partitura

Mi “La” se inflaría de vanidad

Y dirían por todo el país

El flautista nos ha traicionado

 

Me avergonzaría de mi sangre

De los abuelos de los que desciendo

Me verían hacerle ascos

A la rama de donde he salido.

Yo querría un magnífico

Árbol genealógico

Con sangre azul en mi partitura

Mi “La” se inflaría de vanidad

Y dirían por todo el país

El flautista nos ha traicionado

 

Ya no me querría casar con

Mi prometida, mi novia,

No le daría mi nombre

A cualquier Niñita

Necesitaría como compañía

La hija de un Grande de España

Con una princesa en mi partitura

Mi “La” se inflaría de vanidad

Y dirían por todo el país

El flautista nos ha traicionado

 

El pequeño flautista

Hico una reverencia al castillo

Sin escudo de armas, sin pergamino

Sin gloria, el se puso en camino

Hacia su campanario, su chabola

Sus padres, su prometida

Nadie dice en el país

El flautista nos ha traicionado

Y Dios reconoce para sí

Al pequeño y valiente músico.

 

 

La tondue

 

La belle qui couchait avec le roi de Prusse
Avec le roi de Prusse
A qui l'on a tondu le crâne rasibus
Le crâne rasibus

Son penchant prononcé pour les " ich liebe dich ",
Pour les " ich liebe dich "
Lui valut de porter quelques cheveux postich's
Quelques cheveux postich's

Les braves sans-culott's et les bonnets phrygiens
Et les bonnets phrygiens
Ont livre sa crinière à un tondeur de chiens
A un tondeur de chiens

J'aurais dû prendre un peu parti pour sa toison
Parti pour sa toison
J'aurais dû dire un mot pour sauver son chignon
Pour sauver son chignon

Mais je n'ai pas bougé du fond de ma torpeur
Du fond de ma torpeur
Les coupeurs de cheveux en quatre m'ont fait peur
En quatre m'ont fait peur


Quand, pire qu'une brosse, elle eut été tondue
Elle eut été tondue
J'ai dit : " C'est malheureux, ces accroch'-cœur perdus
Ces accroch'-cœur perdus "

Et, ramassant l'un d'eux qui traînait dans l'ornière
Qui traînait dans l'ornière
Je l'ai, comme une fleur, mis à ma boutonnière
Mis à ma boutonnière

En me voyant partir arborant mon toupet
Arborant mon toupet
Tous ces coupeurs de natt's m'ont pris pour un suspect
M'ont pris pour un suspect


Comme de la patrie je ne mérite guère
Je ne mérite guère
J'ai pas la Croix d'honneur, j'ai pas la croix de guerre
J'ai pas la croix de guerre

Et je n'en souffre pas avec trop de rigueur
Avec trop de rigueur
J'ai ma rosette à moi: c'est un accroche-cœur
C'est un accroche-cœur

 

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La rapada

 

La guapa que se acostaba con el rey de Prusia

Con el rey de Prusia

A la cual le han rapado la cabeza al cero

La cabeza al cero (1)

 

Su pronunciada inclinación por los “ich liebe dich

Por los “ich liebe dich” (2)

Le valió tener que llevar cabellos postizos

Cabellos postizos

 

Los bravos sans-cullotes y los gorros frígios

Y los gorros frígios (3)

Entregaron sus cabellos a un esquilador de burros

A un esquilador de burros

 

Yo debería haber tomado parte por sus cabellos

Por sus cabellos

Yo debería haber dicho algo para salvar su moño

Por salvar su moño

 

Pero no me moví del fondo de mi torpeza

Del fondo de mi torpeza

Los cortadores de cabello en formación de a cuatro me dan miedo

En formación de a cuatro me dan miedo

 

Cuando, peor que una brocha, ella fue rasurada

Ella fue rasurada

Dije: “Es una pena que se pierdan estos rizos,

Que se pierdan estos rizos”.

 

Y recogiendo uno de los que rodaban por el suelo

Rodaba por el suelo

Lo puse, como una flor, en mi ojal

En mi ojal

 

Al verme alejarme arbolando mi mechón

Arbolando mi mechón

Todos esos cortadores de trenzas me tomaron por un sospechoso

Me tomaron por un sospechoso.

 

Como de la patria yo no merezco nada

Yo no merezco nada

No tengo la Cruz de Honor, no tengo la Cruz de guerra

No tengo la Cruz de guerra.

 

Y eso no me duele demasiado,

No me duele demasiado,

Tengo mi propia condecoración: es un rizo

Es un rizo.

 

 

(1)   Tras la liberación de París, en la Segunda Guerra mundial, se le afeitó la cabeza al cero, a las mujeres que habían mantenido relaciones con los alemanes, como señal de castigo y de escarnio público. Sin embargo, como decía el propio Brassens, curiosamente, no se le afeitó la cabeza a ninguno de los hombres que se habían acostado con las alemanas.

(2)     Quiere decir “Te quiero” en alemán.

(3)   Los sans-culottes representan a los revolucionarios de la revolución francesa. Los bonnet phrygiens son los gorros rojos que simbolizan la revolución francesa.

 

Le vingt deux septembre

 

Un vingt et deux septembre au diable vous partites,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous...
Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

On ne reverra plus, au temps des feuilles mortes,
Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous...
Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles :
Le vingt-e-deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Jadis, ouvrant mes bras comme une paire d'ailes,
Je montais jusqu'au ciel pour suivre l'hirondelle
Et me rompais les os en souvenir de vous...
Le complexe d'Icare à présent m'abandonne,
L'hirondelle en partant ne fera plus l'automne :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Pieusement nous d'un bout de vos dentelles,
J'avais, sur ma fenêtre, un bouquet d'immortelles
Que j'arrosais de pleurs en souvenir de vous...
Je m'en vais les offrir au premier mort qui passe,
Les regrets éternels à présent me dépassent :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Désormais, le petit bout de cœur qui me reste
Ne traversera plus l'équinoxe funeste
En battant la breloque en souvenir de vous...
Il a craché sa flamme et ses cendres s'éteignent,
A peine y pourrait-on rôtir quatre châtaignes :
Le vingt et deux septembre, aujourd'hui, je m'en fous.

Et c'est triste de n'être plus triste sans vous.

 

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El veintidós de septiembre

 

Un veintidós de septiembre al diablo te fuiste

Y desde entonces, cada año, en la fecha susodicha,

Yo mojaba mi pañuelo al acordarme de ti...

Y ahora, aquí estamos, pero me mantengo de piedra,

Ni una sola lágrima más acudirá a mis párpados:

El veintidós de septiembre, hoy, paso de ti.

 

Ya no se verá más, en el tiempo de las hojas muertas,

A esta alma en pena que se me parece y que lleva

Duelo por cada hoja muerta en recuerdo tuyo...

Que el bravo Prévert y sus caracoles tengan a bien

De pasar de mi  para enterrar las hojas:

El veintidós de septiembre, hoy, paso de ti.

 

Antes, abriendo mis brazos como un par de alas,

Yo subía hasta el cielo para seguir a la golondrina

Y me rompía los huesos en recuerdo tuyo...

El complejo de Ícaro, ahora me abandona,

La golondrina al partir no significará ya el otoño:

El veintidós de septiembre, hoy, paso de ti.

 

Devotamente anudado con un trozo de tus encajes,

Yo tenía, en mi ventana, un ramo de siemprevivas

Que regaba con lágrimas en recuerto tuyo...

Voy a ofrecérselas al primer muerto que pase,

Las penas eternas hoy día me resbalan:

El veintidós de septiembre, hoy, paso de ti.

 

En adelante, el trozito de corazón que me queda

No atravesará más el equinoccio funesto

Divagando en recuerdo tuyo...

Le ha escupido a la llama y las cenizas se apagan

Apenas se podrían asar en ellas cuatro castañas:

El veintidós de septiembre, hoy, paso de ti.

 

Y es triste no estar ya triste sin ti.

 

Les deux oncles

 

C'était l'oncle Martin, c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les Tommies, l'autre aimait les Teutons
Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi, qui n'aimais personne, eh bien ! je vis encor.

Maintenant, chers tontons, que les temps ont coulé
Que vos veuves de guerre ont enfin convolé
Que l'on a requinqué, dans le ciel de Verdun
Les étoiles ternies du maréchal Pétain

Maintenant que vos controverses se sont tues
Qu'on s'est bien partagé les cordes des pendus
Maintenant que John Bull nous boude, maintenant
Que c'en est fini des querelles d'Allemand

Que vos fill's et vos fils vont, la main dans la main
Faire l'amour ensemble et l'Europ' de demain
Qu'ils se soucient de vos batailles presque autant
Que l'on se souciait des guerres de Cent Ans


On peut vous l'avouer, maintenant, chers tontons
Vous l'ami les Tommies, vous l'ami des Teutons
Que, de vos vérités, vos contrevérités
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité


De vos épurations, vos collaborations
Vos abominations et vos désolations
De vos plats de choucroute et vos tasses de thé
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

En dépit de ces souvenirs qu'on commémor'
Des flammes qu'on ranime aux monuments aux Morts
Des vainqueurs, des vaincus, des autres et de vous
Révérence parler, tout le monde s'en fout


 

La vie, comme dit l'autre, a repris tous ses droits
Elles ne font plus beaucoup d'ombre, vos deux croix
Et, petit à petit, vous voilà devenus
L'Arc de Triomphe en moins, des soldats inconnus


Maintenant, j'en suis sûr, chers malheureux tontons
Vous, l'ami des Tommies, vous, l'ami des Teutons
Si vous aviez vécu, si vous étiez ici
C'est vous qui chanteriez la chanson que voici


Chanteriez, en trinquant ensemble à vos santés
Qu'il est fou de perdre la vie pour des idées
Des idées comme ça, qui viennent et qui font
Trois petits tours, trois petits morts, et puis s'en vont

Qu'aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Qu'il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas
Que prendre, sur-le-champ, l'ennemi comme il vient
C'est de la bouillie pour les chats et pour les chiens

Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi
Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami
Mieux vaut tourner sept fois sa crosse dans la main
Mieux vaut toujours remettre une salve à demain

Que les seuls généraux qu'on doit suivre aux talons
Ce sont les généraux des p'tits soldats de plomb
Ainsi, chanteriez-vous tous les deux en suivant
Malbrough qui va-t-en guerre au pays des enfants

O vous, qui prenez aujourd'hui la clé des cieux
Vous, les heureux coquins qui, ce soir, verrez Dieu
Quand vous rencontrerez mes deux oncles, là-bas
Offrez-leur de ma part ces "Ne m'oubliez pas"


Ces deux myosotis fleuris dans mon jardin
Un p'tit forget me not pour mon oncle Martin
Un p'tit vergiss mein nicht pour mon oncle Gaston
Pauvre ami des Tommies, pauvre ami des Teutons...

 

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Los dos tíos

 

Erase una vez el tío Martín y el tío Gastón (1)

A uno le gustaban los Tommies y al otro los Teutones,

Los dos murieron, cada uno por sus amigos,

Y yo, que no quería a nadie, ¡bien! Yo vivo aún.

 

Ahora, queridos tíos, que el tiempo ha pasado

Que vuestra viudas de guerra se han vuelto a casar

Que se le ha sacado brillo, en el cielo de Verdún

A las estrellas empañadas del mariscal Pétain

 

Ahora que vuestras controversias se han callado

Que hemos compartido las cuerdas de los ahorcados

Ahora que John Bull nos pone mala cara, ahora

Que se acabaron las querellas absurdas. (2)

 

Que vuestras hijas y vuestros hijos van, de la mano

A hacer el amor juntos y la Europa del mañana

Que ellos se preocupan de vuestra batallas casi tanto

Como nos preocupábamos de la guerra de los Cien Años

 

Podemos confesároslo, ahora, queridos tíos

A usted amigo de los Tommies, a usted amigo de los Teutones

Que de vuestras verdades, vuestras contraverdades

Todo el mundo pasa unánimemente

 

De vuestras depuraciones, vuestras colaboraciones

Vuestras abominaciones y vuestras desolaciones

De vuestros platos de chucrut y de vuestros tés

Todo el mundo pasa unánimemente

 

A pesar de estos recuerdos que se conmemoran

De las llamas que se reavivan en los monumentos a los Muertos

De los vencedores, de los vencidos, de los otros y de vosotros,

Con perdón, todo el mundo pasa unánimemente

 

La vida, como dice el otro, a retomado todos sus derechos

Ya no dan mucha sombra, vuestras dos cruces

Y, poco a poco, os convertís

Sin el Arco del Triunfo, en soldados desconocidos.

 

Ahora, estoy seguro, queridos tíos desgraciados,

Usted, el amigo de los Tommies, usted el amigo de los Teutones

Si hubieseis vivido, si estuvieseis aquí

Seríais vosotros los que cantaseis esta canción.

 

Cantaríais, brindando juntos a vuestra salud

Que es una locura perder la vida por las ideas

Ideas como esas, que vienen y que tras dar

Tres vueltecitas, y hacer tres muertos, luego se van

 

Que ninguna idea en la tierra es digna de una muerte

Que hay que dejar ese cometido a los que no las tienen

Que tomar, sobre la marcha, al enemigo tal como viene

Es un trabajo inútil, perder el tiempo.

 

Que en lugar de apuntar hacia un enemigo difuso

Es mejor esperar que se torne en amigo

Es mejor contar hasta diez con el palo en la mano

Es mejor dejar una salva para mañana

 

Que los únicos generales que se deben seguir a ciegas

Son los generales de los soldaditos de plomo

Así, cantaríais los dos siguiendo

A Mambrú que se fue a la guerra en la infancia

 

¡Oh vosotros! Que entráis hoy en el cielo

vosotros, los felices bribones que, esta noche, veréis a Dios

cuando encontréis a mis dos tíos allí arriba

dadle de mi parte estos  “No me olvidéis”.

 

Estos dos myosotis florecidos en mi jardín

Un pequeño “forget me” para mi tío Martín

Un pequeño “vergiss mein nicht” para mi tío Gastón

Pobre amigo de los Tommies, pobre amigo de los Teutones

 

(1)     Representan a los dos bandos de la segunda guerra mundial: americanos y alemanes (Tommies y Teutons respectivamente).

(2)     Querelles d’allemands: La expresión se refiere a una pelea por causas anodidas. Proviene de la fama que tenían los pueblos germánicos en la Edad Media de luchar por los motivos más insustanciles.

 

Venus callipyge

 

Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant
N'enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité

Votre dos perd son nom avec si bonne grâce
Qu'on ne peut s'empêcher de lui donner raison
Que ne suis-je, madame, un poète de race
Pour dire à sa louange un immortel blason

En le voyant passer, j'en eus la chair de poule
Enfin, je vins au monde et, depuis, je lui voue
Un culte véritable et, quand je perds aux boules
En embrassant Fanny, je ne pense qu'à vous

Pour obtenir, madame, un galbe de cet ordre
Vous devez torturer les gens de votre entour
Donner aux couturiers bien du fil à retordre
Et vous devez crever votre dame d'atour

C'est le duc de Bordeaux qui s'en va, tête basse
Car il ressemble au mien comme deux gouttes d'eau
S'il ressemblait au vôtre, on dirait, quand il passe
" C'est un joli garçon que le duc de Bordeaux ! "

Ne faites aucun cas des jaloux qui professent
Que vous avez placé votre orgueil un peu bas
Que vous présumez trop, en somme de vos fesses
Et surtout, par faveur, ne vous asseyez pas

Laissez-les raconter qu'en sortant de calèche
La brise a fait voler votre robe et qu'on vit
Ecrite dans un cœur transpercé d'une flèche
Cette expression triviale : " A Julot pour la vie "

Laissez-les dire encor qu'à la cour d'Angleterre
Faisant la révérence aux souverains anglois
Vous êtes, patatras ! tombée assise à terre
La loi d'la pesanteur est dur', mais c'est la loi

Nul ne peut aujourd'hui trépasser sans voir Naples
A l'assaut des chefs-d'œuvre ils veulent tous courir
Mes ambitions à moi sont bien plus raisonnables:
Voir votre académie, madame, et puis mourir

Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant
N'enlève à vos attraits ce volume étonnant
Au temps où les faux culs sont la majorité
Gloire à celui qui dit toute la vérité

 

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Venus callipyge

 

Que nunca el arte abstracto, que nos tiraniza hoy día

Arranque a sus encantos este volumen asombroso.