GEORGES BRASSENS

 

DISCO 7 (1961-1966)

INDICE

1. LES TROMPETEES DE LA RENOMMÉE

7. LA GUERRE DE 14-18

2. JEANNE

8. LES AMOURS D’ANTAN

3. DANS L’EAU DE LA CLAIRE FONTAINE

9. LE TEMPS NE FAIT RIEN À L’AFFAIRE

4. JE REJOINDRAI MA BELLE

10. MARQUISE

5. LA MARGUERITE

11. L’ASSASSINAT

6. SI LE BON DIEU L’AVAIT VOULU

12. LA COMPLAINTE DES FILLES DE JOIE

 

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Les Trompettes de la Renommée

 

Je vivais à l'écart de la place publique,

Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique...

Refusant d'acquitter la rançon de la gloir',

Sur mon brin de laurier je dormais comme un loir.

Les gens de bon conseil ont su me fair' comprendre

Qu'à l'homme de la ru' j'avais des compt's à rendre

Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,

J' devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.

 

{Refrain:}
Trompettes

De la Renommée,

Vous êtes

Bien mal embouchées !

 

Manquant à la pudeur la plus élémentaire,

Dois-je, pour les besoins d' la caus' publicitaire,

Divulguer avec qui, et dans quell' position

Je plonge dans le stupre et la fornication ?

Si je publi' des noms, combien de Pénélopes

Passeront illico pour de fieffé's salopes,

Combien de bons amis me r'gard'ront de travers,

Combien je recevrai de coups de revolver !


A toute exhibition, ma nature est rétive,

Souffrant d'un' modesti' quasiment maladive,

Je ne fais voir mes organes procréateurs

A personne, excepté mes femm's et mes docteurs.

Dois-je, pour défrayer la chroniqu' des scandales,

Battre l' tambour avec mes parti's génitales,

Dois-je les arborer plus ostensiblement,

Comme un enfant de chœur porte un saint sacrement ?


Une femme du monde, et qui souvent me laisse
Fair' mes quat' voluptés dans ses quartiers d' noblesse,

M'a sournois'ment passé, sur son divan de soi',

Des parasit's du plus bas étage qui soit...

Sous prétexte de bruit, sous couleur de réclame,

Ai-j' le droit de ternir l'honneur de cette dame

En criant sur les toits, et sur l'air des lampions :

" Madame la marquis' m'a foutu des morpions ! " ?


Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente

Avec le Pèr' Duval, la calotte chantante,

Lui, le catéchumène, et moi, l'énergumèn',

Il me laisse dire merd', je lui laiss' dire amen,

En accord avec lui, dois-je écrir' dans la presse

Qu'un soir je l'ai surpris aux genoux d' ma maîtresse,

Chantant la mélopé' d'une voix qui susurre,

Tandis qu'ell' lui cherchait des poux dans la tonsure ?


Avec qui, ventrebleu ! faut-il que je couche

Pour fair' parler un peu la déesse aux cent bouches ?

Faut-il qu'un' femme célèbre, une étoile, une star,

Vienn' prendre entre mes bras la plac' de ma guitar' ?

¡Pour exciter le peuple et les folliculaires,

Qui'est-c' qui veut me prêter sa croupe populaire,

Qui'est-c' qui veut m' laisser faire, in naturalibus,

Un p'tit peu d'alpinism' sur son mont de Vénus ?



 

Sonneraient-ell's plus fort, ces divines trompettes,

Si, comm' tout un chacun, j'étais un peu tapette,

Si je me déhanchais comme une demoiselle

Et prenais tout à coup des allur's de gazelle ?

Mais je ne sache pas qu'ça profite à ces drôles

De jouer le jeu d' l'amour en inversant les rôles,

Qu'ça confère à ma gloire un' onc' de plus-valu',

Le crim' pédérastique, aujourd'hui, ne pai' plus.


Après c'tour d'horizon des mille et un' recettes

Qui vous val'nt à coup sûr les honneurs des gazettes,

J'aime mieux m'en tenir à ma premièr' façon

Et me gratter le ventre en chantant des chansons.

Si le public en veut, je les sors dare-dare,

S'il n'en veut pas je les remets dans ma guitare.

Refusant d'acquitter la rançon de la gloir',

Sur mon brin de laurier je m'endors comme un loir.

 

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Las Trompetas de la Fama

 

Yo vivía alejado de la plaza publica,
sereno, contemplativo, tenebroso, bucólico...
rehusando conquistar la gloria,
sobre mi brizna de laurel yo dormía como un lirón.
La gente de buen juicio supieron hacerme comprender
que yo tenía que rendirles cuentas al hombre de la calle
y que, so pena de caer en un olvido completo,
yo debía de pregonar todos mis secretillos.

{Refrain:}
Trompetas
de la Fama
estáis
muy mal educadas!

Faltando al pudor más elemental,
¿debo yo, por motivos publicitarios,
divulgar con quién, y en qué posición
me hundo en el estupro y la fornicación?
Si yo publico nombres, cuántas Penélopes
pasarían de inmediato por putas empedernidas.
¡Cuántos buenos amigos me mirarían de reojo,
cuántos tiros me darían!

A toda exhibición, mi naturaleza es reacia
sufriendo de una modestia casi enfermiza,

yo no enseño mis organos procreadores
a nadie, excepto mis mujeres y mis doctores.
¿Debo yo, para ser la comidilla de la prensa amarilla,

tocar el tambor con mis partes genitales,
debo yo ostentarlos más ostensiblemente
que un monaguillo llevando al santo sacramento?

Una mujer de mundo, y que a menudo me deja

hacer mis cuatro voluptuosidades en sus partes nobles,
me ha pegado disimuladamente, en su divan de seda,
unos parásitos de la más baja condición...
Bajo pretexto de ruido, bajo la bandera del reclamo,
¿tengo yo el derecho de manchar el honor de esta dama
gritando por los tejados, y clamorosamente:
“La señora marquesa me pegado unas ladillas!”?

El cielo sea alabado: yo vivo en buen entendimiento
con el Padre Duval, el cura alegre,
él, el catecúmeno, y yo, el energúmeno,
él me deja decir mierda, yo lo dejo decir amén,
En complot con él, ¿debo yo escribir en la prensa
que un día yo lo sorprendí en las rodillas de mi amante
cantando una melopea con una voz susurrante,
mientras que ella le buscaba pulgas en la tonsura?

¿Con quién, ¡por Dios! es necesario que me acueste
para hacer hablar a la diosa de las cien bocas?
¿Es necesario que una mujer célebre, una estrella, una famosa,
venga a ocupar entre mis brazos el lugar de mi guitarra?
¡Para excitar al pueblo y los malos periodistas!,
¿quién quiere prestarme su grupa pública,
quién quiere dejarme hacer, desnudo,
un poco de alpinismo en su monte de Venus?

¿Sonarían ellas más fuerte, estas divinas trompetas,
si, como cada hijo de vecino, yo fuese un poco marica,
si me contonease como una señorita
y tomase de pronto aires de gacela?
Pero no creo que aproveche a estos pesados
jugar el juego del amor invirtiendo los papeles,
ni que eso confiera a mi gloria un poco más de valor:
el crimen pederasta, hoy día ya no se cotiza.

Después de estas maquinaciones, de las mil y una recetas
que os dan con seguridad los honores en las gacetas,
prefiero mejor quedarme como al principio
y rascarme el vientre cantando canciones.
Si el público las quiere, yo se las doy volando,
si ellos no las quieren las vuelvo a meter en mi guitarra.
Rehusando de lograr la medalla de la gloria,
sobre mi brizna de laurel yo me duermo como un lirón.

 

 

 

 

 

Jeanne

 

(Ver fotos)

 

Chez Jeanne, la Jeanne

Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu

On pourrait l'appeler l'auberge de Bon Dieu

S'il n'en existait déjà une

La dernière où l'on peut entrer

Sans frapper, sans montrer patte blanche


Chez Jeanne, la Jeanne

On est n'importe qui, on vient n'importe quand

Et, comme par miracle, par enchantement

On fait partie de la famille

Dans son cœur, en s'poussant un peu

Reste encore une petite place


La Jeanne, la Jeanne

Elle est pauvre et sa table est souvent mal servie

Mais le peu qu'on y trouve assouvit pour la vie

Par la façon qu'elle le donne

Son pain ressemble à du gâteau

Et son eau à du vin comme deux gouttes d'eau


La Jeanne, la Jeanne

On la paie quand on peut des prix mirobolants

Un baiser sur son front ou sur ses cheveux blancs

Un semblant d'accord de guitare

L'adresse d'un chat échaudé

Ou d'un chien tout crotté comm' pourboire


La Jeanne, la Jeanne

Dans ses ros's et ses choux n'a pas trouvé d'enfant

Qu'on aime et qu'on défend contre les quatre vents

Et qu'on accroche à son corsage

Et qu'on arrose avec son lait

D'autres qu'elle en seraient tout's chagrines


Mais Jeanne, la Jeanne

Ne s'en soucie pas plus que de colin-tampon

Etre mère de trois poulpiquets, à quoi bon

Quand elle est mère universelle

Quand tous les enfants de la terre

De la mer et du ciel sont à elle

 

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Jeanne

 

En casa de Juana, la Juana, (1)
su albergue está abierto a las gentes sin hogar
lo podríamos llamar el albergue del Buen Dios
si no existiese ya uno
El último donde se puede entrar
sin llamar, sin enseñar la patita blanca

En casa de Juana, la Juana
entra no importa quién, se llega no importa cuándo
y, como por milagro, por encanto
se forma parte de la familia.
En su corazón, apretujándose un poco
queda aún un rinconcito.

La Juana, la Juana
es pobre y su mesa está a menudo mal proveída

pero lo poco que allí se encuentra harta para siempre.

Por la forma en que ella lo da
su pan se parece  a un pastel
y su agua al vino como dos gotas de agua.

La Juana, la Juana
Se le paga cuando se puede precios desorbitados:
un beso sobre su frente o sobre sus cabellos blancos,
una especie de acorde de guitarra,
la dirección de un gato escaldado,
o la dirección de un perro embarrado como propina.

La Juana, la Juana
La cigüeña nunca le trajo un hijo
al que amar y al que defender contra los cuatro vientos
y que se agarrase a su pecho,
al que regar con su leche;
otras en su lugar estarían muy tristes

Pero Juana, la Juana
le importa eso tres pimientos.
Ser madre de tres rorros, para qué
cuando ella es madre universal
cuando todos los niños de la tierra
del mar y del cielo son de ella.

 

(1) Jeanne Le Bonniec: Dueña del número 7 del Impasse Florimont donde Brassens vivió desde 1944 hasta 1966.

 

 

Dans l'eau de la claire fontaine

 

Dans l'eau de la claire fontaine

Elle se baignait toute nue

Une saute de vent soudaine

Jeta ses habits dans les nues


En détresse, elle me fit signe

Pour la vêtir, d'aller chercher

Des monceaux de feuilles de vigne

Fleurs de lis ou fleurs d'oranger


Avec des pétales de roses

Un bout de corsage lui fis

La belle n'était pas bien grosse

Une seule rose a suffi


Avec le pampre de la vigne

Un bout de cotillon lui fis

Mais la belle était si petite

Qu'une seule feuille a suffi


Elle me tendit ses bras, ses lèvres
Comme pour me remercier

Je les pris avec tant de fiebre

Qu'ell' fut toute déshabillée


Le jeu dut plaire à l'ingénue

Car, à la fontaine souvent

Ell' s'alla baigner toute nue

En priant Dieu qu'il fit du vent

Qu'il fit du vent...

 

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En el agua de la clara fuente

 

En el agua de la fuente clara
ella se bañaba desnuda,
un golpe de viento repentino
se llevó sus ropas por los aires

Muy angustiada, ella me pidió que
para vestirla, fuese a buscar
unos montones de hojas de viña,
flores de lis o flores de naranjos

Con unos pétalos de rosas
un trozo de corpiño le hice
la bella no estaba muy gorda
una sola rosa bastó

Con el pámpano de la viña
un trozo de falda le hice
pero la bella era tan pequeña
que una sola hoja bastó

Ella me tendió sus brazos, sus labios

como para darme las gracias
yo la cogí con tanto ardor
que quedó toda desnuda

El juego debió de gustarle a la ingenua
pues, a la fuente, a menudo,
iba a bañarse desnuda
rogando a Dios que hiciese viento
que hiciese viento...

 

 

 

 

Je rejoindrai ma belle

 

A l'heure du berger

Au mépris du danger

J'prendrai la passerelle

Pour rejoindre ma belle

A l'heure du berger

Au mépris du danger

Et nul n'y pourra rien changer


Tombant du haut des nues

La bourrasque est venue

Souffler dessus la passerelle

Tombant du haut des nues

La bourrasque est venue

Des passerell's, il y en a plus


Si les vents ont cru bon

De me couper les ponts

J'prendrai la balancelle

Pour rejoindre ma belle

Si les vents ont cru bon

De me couper les ponts

J'embarquerai dans l'entrepont


Tombant du haut des nues

Les marins sont venus

Lever l'ancre à la balancelle

Tombant du haut des nues

Les marins sont venus

Des balancell's, il y en a plus


Si les forbans des eaux

Ont volé mes vaisseaux

Y me pouss'ra des ailes

Pour rejoindre ma belle

Si les forbans des eaux

Ont volé mes vaisseaux

J'prendrai le chemin des oiseaux


Les chasseurs à l'affût

Te tireront dessus

Adieu la plume ! adieu les ailes !

Les chasseurs à l'affût

Te tireront dessus

De tes amours, y en aura plus


Si c'est mon triste lot

De faire un trou dans l'eau

Racontez à la belle

Que je suis mort fidèle

Et qu'ell' daigne à son tour

Attendre quelques jours

Pour filer de nouvell's amours

 

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Me reuniré con mi amada

 

Al anochecer
Despreciando el peligro
Cruzaré la pasarela
Para reunirme con mi amada
Al anochecer
Despreciando el peligro
Y nadie podrá evitarlo

Cayendo del cielo
La borrasca ha llegado
Para soplar encima de la pasarela
Cayendo del cielo
La borrasca ha llegado
Y ya no hay pasarelas!.

Si los vientos han creído conveniente
Cortarme los puentes
Cogeré una balancela
Para reunirme con mi amada
Si los vientos han creído conveniente
Cortarme los puentes
Embarcaré en el entrepuente.

Cayendo del cielo
Han llegado los marineros
A levar el ancla de la balancela
Cayendo del cielo
Han llegado los marineros
¡Y se acabaron las balancelas!

Si los piratas de los mares
Han robado mis bajeles
Me crecerán alas
Para reunirme con mi amada
Si los piratas de los mares
Han robado mis bajeles
Cogeré el camino de los pájaros.

Los cazadores apostados
Te dispararán encima
¡Adiós plumas! ¡Adiós alas!
Los cazadores apostados
Te dispararán encima
Y los amores, se acabarán.

Si esa es mi triste suerte,
Morir y nada más,
Decidle a mi amada
Que he muerto siéndole fiel
Y que a su vez ella se digne
Esperar algunos días
Para buscarse nuevos amores.

 

 

La marguerite

 

La petite

Marguerite

Est tombée

Singulière

Du bréviaire

De l'abbé


Trois pétales

De scandale

Sur l'autel

Indiscrète

Pâquerette

D'où vient-ell'


Dans l'enceinte

Sacro-sainte

Quel émoi

Quelle affaire

Oui, ma chère

Croyez-moi


La frivole

Fleur qui vole

Arrive en

Contrebande

Des plat's-bandes

Du couvent


Notre Père

Qui, j'espère

Etes aux cieux

N'ayez cure

Des murmures

Malicieux


La légère

Fleur, peuchère
Ne vient pas

De nonnettes

De cornettes

En sabbat


Sachez, diantre

Qu'un jour, entre

Deux ave

Sur la pierre

D'un calvaire

Il l'a trouvée


Et l'a mise

Chose admise

Par le ciel

Sans ambages

Dans les pages

Du missel


Que ces messes

Basses cessent

Je vous en prie

Non, le prêtre

N'est pas traître

A Marie


Que personne

Ne soupçonne

Plus jamais

La petite

Marguerite

Ah ! ça mais...

 

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La margarita

 

La pequeña
margarita
cayó
rara
del breviario
del cura.

Tres pétalos
De escándalo
Sobre el altar
indiscreta
margarita
¿De dónde ha salido?

En el recinto
Sacrosanto
Qué emoción
Qué movida
Si, cariño
créame

La frívola
Flor que vuela
Llegó de
contrabando
de los arriates
del convento

Padre Nuestro
Que espero
Que estés en los cielos
No te preocupes
De las murmuraciones
maliciosas

La ligera
flor, ¡caramba!

No viene
De monjas
Ni hábitos
En orgía.

Sabed, diantre,
Que un día, entre
Dos aves
Sobre la piedra
De un calvario
La encontró.

Y la puso
Cosa admitida
Por el cielo
Sin ambages
Entre las páginas
Del misal.

Que los murmullos
cesen
por favor,
no, el cura
no es un traidor
a María.

Que nadie
sospeche
nunca más
de la pequeña
margarita
¡Ah! Pero...

 

 

Si le bon dieu l'avait voulu

Paroles: Paul Fort.

 

Si le Bon Dieu l'avait voulu - lanturette, lanturlu, - j'aurais connu la

Cléopâtre, et je t'aurais pas connue. J'aurais connu la Cléopâtre,

et je ne t'aurais pas connue. Sans ton amour que j'idolâtre, las ! que fussé-je devenu ?


Si le Bon Dieu l'avait voulu, j'aurais connu la Messaline, Agnès, Odette

et Mélusine, et je ne t'aurais pas connue. J'aurais connu la Pompadour,

Noémi, Sarah, Rebecca, la Fille du Royal Tambour, et la Mogador et Clara.


Mais le Bon Dieu n'a pas voulu que je connaisse leurs amours, je t'ai

connue, tu m'as connu - gloire à Dieu au plus haut des nues ! - Las !

que fussé-je devenu sans toi la nuit, sans toi le jour ? Je t'ai connue,

tu m'as connu - gloire à Dieu au plus haut des nues !

 

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Si el buen dios lo hubiese querido

Paroles: Paul Fort. Musique: Georges Brassens

 

Si el Buen Dios lo hubiese querido, lalarí, lalará, - yo hubiese conocido a
Cleopatra, y no te hubiese conocido. Hubiese conocido a Cleopatra
Y no te hubiese conocido. Sin tu amor que yo idolatro, ¡ay! ¿Qué sería de mí?

Si el Buen Dios lo hubiese querido, yo hubiese conocido a Mesalina, Agnès, Odette
Y a Melusina, y no te hubiese conocido. Hubiese conocido a al Pompadur,
Noemí, Sara, Rebeca, a la hija del regimiento, a la Mogador y Clara.

Pero el Buen Dios no ha querido que conociese sus amores, yo te he
Conocido, tú me has conocido- ¡gloria a Dios en las alturas! ¡Ay!
Que sería para mí la noche sin ti, el día sin ti? Te he conocido
Tu me has conocido- ¡gloria a Dios en las alturas!

 

 

 

La Guerre de 14-18

 

Depuis que l'homme écrit l'Histoire

Depuis qu'il bataille à cœur joie

Entre mille et une guerr' notoires

Si j'étais t'nu de faire un choix

A l'encontre du vieil Homère

Je déclarerais tout de suite:

"Moi, mon colon, cell' que j'préfère,

C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"


Est-ce à dire que je méprise

Les nobles guerres de jadis

Que je m'soucie comm' d'un'cerise

De celle de soixante-dix?

Au contrair', je la révère

Et lui donne un satisfecit

Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"


Je sais que les guerriers de Sparte

Plantaient pas leurs epées dans l'eau

Que les grognards de Bonaparte

Tiraient pas leur poudre aux moineaux

Leurs faits d'armes sont légendaires

Au garde-à-vous, je les félicite

Mais, mon colon, celle que j'préfère

C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"


Bien sûr, celle de l'an quarante

Ne m'as pas tout à fait déçu:

Elle fut longue et massacrante

Et je ne crache pas dessus

Mais à mon sens, elle ne vaut guère

Guèr' plus qu'un premier accésit

Moi, mon colon, celle que j' préfère

C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"


Mon but n'est pas de chercher noise

Au guérillas, non, fichtre, non

Guerres saintes, guerres sournoises

Qui n'osent pas dire leur nom,

Chacune a quelque chos' pour plaire

Chacune a son petit mérite

Mais, mon colon, celle que j'préfère

C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"

 

Du fond de son sac à malices

Mars va sans doute, à l'occasion,

En sortir une, un vrai délice

Qui me fera grosse impresión

En attendant je persévère

A dir' que ma guerr' favorite

Cell', mon colon, que j'voudrais faire

C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit