|
|
GEORGES BRASSENS DISCO 5 (1956-1960) |
|
|
Y a tout à l'heure Quinze ans d'malheur Mon vieux Léon Que tu es parti Au paradis D'l'accordéon Parti bon train Voir si l'bastrin- gue et la java Avaient gardé Droit de cité Chez Jéhovah Quinze ans bientôt Qu'musique au dos Tu t'en allais Mener le bal A l'amicale Des feux follets En cet asile Par saint' Cécile Pardonne-nous De n'avoir pas Su faire cas De ton biniou
Mais les joueurs D'accordéon Au grand jamais On ne les met Au Panthéon T'contener du Champ de navets Sans grandes pom- pes et sans pompons Et sans ave Mais les copains Suivaient l'sapin Le cœur serré En rigolant Pour fair' semblant De n'pas pleurer Et dans nos cœurs Pauvre joueur D'accordéon Il fait ma foi Beaucoup moins froid Qu'au Panthéon
Qu'au fond des cieux Tu as fait ton trou Il a coulé De l'eau sous les Ponts de chez nous Les bons enfants D'la rue de Van- ves à la Gaîté L'un comme l'au- tre au gré des flots Fur'nt emportés Mais aucun d'eux N'a fait fi de Son temps jadis Tous sont restés Du parti des Myosotis Tous ces pierrots Ont le cœur gros Mon vieux Léon En entendant Le moindre chant D'accordéon
Chez les gentils De l'au-delà Les musiciens Ont-ils enfin Trouvé le la Et le p'tit bleu Est-c'que ça n'le Rend pas meilleur D'être servi Au sein des vi- gnes du Seigneur Si d'temps en temps Un'dam' d'antan S'laisse embrasser Sûr'ment papa Que tu regrett's pas D'être passé Et si l'bon Dieu Aim' tant soit peu L'accordéon Au firmament Tu t'plais sûr'ment Mon vieux Léon |
Hace ya por Santa Cecilia (1) Amigo, te ha tenido (1)
Patrona de la música y los músicos. (2)
Panteón: Edificio parisino que acoge a las glorias civiles
de diferentes ámbitos: letras, ciencias, política, etc. (3)
Calles de París por donde vivía Brassens, en el distrito
14. En la rue de la Gaieté se encontraba la sala de fiestas Bobino,
emblemática en la trayectoria de Brassens. |
|
¡Como comprenderán, ni tan siquiera intento
traducirla! Voici la ron- |
¡Como comprenderán, ni tan siquiera intento
traducirla! Voici la ron- |
|
Un oiseau s'était
endormi Un jour qu'elle
faisait semblant D'être la Belle au
bois dormant
Bonnes fées,
sauvegardez-nous Sur ce cœur j'ai voulu
poser Une manière de baiser
Se mit à crier "
Au voleur " " Au voleur
" et " A l'assassin " Comm' si j'en voulais
à son sein Grand branle-bas dans
Landerneau Tout le monde et son
père accourt Aussitôt lui porter
secours
Ont fait peur aux
enchantements Et la belle désabusée Ferma son cœur à mon
baiser
Que je suis devenu
chasseur Que mon arbalète à la
main Je cours les bois et
les chemins |
A
la sombra del corazón de mi amada A la sombra del corazón de mi amiga
Y desde entonces, oh hermana, |
|
Autrefois, quand
j'étais marmot J'avais la phobie des
gros mots Et si j'pensais "
merde " tout bas Je ne le disais pas Mais Aujourd'hui que mon
gagne-pain C'est d'parler comme
un turlupin Je n'pense plus "
merde ", pardi Mais je le dis
Du phonographe Le polisson De la chanson
Je crache des
gauloiseries Des pleines bouches de
mots crus Tout à fait incongrus Mais En m'retrouvant seul
sous mon toit Dans ma psyché j'me
montre au doigt Et m'crie: " Va
t'faire, homme incorrec' Voir par les Grecs
"
M'accuser d'avoir
parlé d'fess's Et j'promets ferme au
marabout De les mettre tabou Mais Craignant, si je n'en
parle plus D'finir à l'Armée du
Salut Je r'mets bientôt sur
le tapis Les fesses impies
D'un naturel
concupiscent Qui l'incite à se
coucher nue Sous le premier venu Mais M'est-il permis,
soyons sincèr's D'en parler au
café-concert Sans dire qu'elle a,
suraigu Le feu au cul ?
Et peut-être la Croix
d'Honneur A chanter avec décorum L'amour qui mène à
Rom' Mais Mon ang' m'a dit :
" Turlututu Chanter l'amour t'est
défendu S'il n'éclôt pas sur
le destin D'une putain "
A un patron de cabaret Une adorable bucolique Il est mélancolique Et Me dit, la voix noyée
de pleurs " S'il vous plaît
de chanter les fleurs Qu'ell's poussent au
moins rue Blondel Dans un bordel "
A mon balcon mettant
le nez Je contemple les
bonnes gens Dans le soleil
couchant Mais N'me d'mandez pas
d'chanter ça, si Vous redoutez
d'entendre ici Que j'aime à voir, de
mon balcon Passer les cons
Comptent ferme qu'à
mon trépas Satan va venir
embrocher Ce mort mal embouché Mais Mais veuille le grand
manitou Pour qui le mot n'est
rien du tout Admettre en sa
Jérusalem A l'heure blême
Du phonographe Le polisson De la chanson |
Antes, cuando era un niño de la calle Blondel” (1). (1) Calle famosa por ser zona de
prostitución. |
|
Le Père Noël et la petite fille Avec sa hotte sur le
dos Avec sa hotte sur le
dos Il s'en venait
d'Eldorado Il s'en venait
d'Eldorado Il avait une barbe
blanche Il avait nom
"Papa Gâteau"
Il a mis les mains sur
tes hanches
Il t'a prom'née dans
un landeau En route pour la vie
d'château En route pour la vie
d'château La belle vie dorée sur
tranche Il te l'offrit sur un
plateau
Il a mis les mains sur
tes hanches
Toi qui n'avais rien
sur le dos Il t'a couverte de
manteaux Il t'a couverte de
manteaux Il t'a vêtue comme un
dimanche Tu n'auras pas froid
de sitôt
Il a mis les mains sur
tes hanches Tous les camées, tous
les Meaux Il les fit pendre à
tes rameaux Il les fit pendre à
tes rameaux Perles et rubis dans
tes sabots
Il a mis les mains sur
tes hanches
Tire la bell', tir' le
rideau Sur tes misères de
tantôt Sur tes misères de
tantôt Et qu'au-dehors il
pleuve, il vente Le mauvais temps n'est
plus ton lot On a mis les mains sur
tes hanches |
Con su saco a la espalda
Hizo rodar en avalanchas
|
|
En notre tour de Babel Laquelle est la plus
belle La plus aimable parmi Les femmes de nos
amis? Laquelle est notre
vrai nounou La p'tite sœur des
pauvres de nous Dans le guignon
toujours présente Quelle est cette fée
bienfaisante?
C'est pas la femme de
Bertrand Pas la femme de
Gontrand Pas la femme de
Pamphile C'est pas la femme de
Firmin Pas la femme de
Germain Ni celle de Benjamín C'est pas la femme
d'Honoré Ni celle de Désiré Ni celle de Théophile Encore moins la femme
de Nestor Non, c'est la femme
d'Hector.
Le buffet bien souvent On a toujours peu ou
prou Les bas criblés de
trous... Qui raccomode ces
malheurs De fils de toutes les
couleurs Qui brode, divine
cousette, Des arcs-en-ciel à nos
chaussettes?
Sacré bon dieu dans un
sac Et qu'on nous envoie
planter Des choux à la santé Quelle est celle qui,
prenant modèle Sur les vertus des
chiens fidèles Reste à l'arrêt devant
la porte En attendant que l'on
ressorte?
Qu'on nous met en
demeure De débarasser l'hôtel De ses restes mortels Quelle est celle qui
r'mu tout Paris Pour qu'on lui fasse,
au plus bas prix Des funérailles
gigantesques Pas nationales, non,
mais presque?
Le joli temps d'aimer Que sans écho, dans
les cours, Nous hurlons a l'amour Quelle est celle qui
nous plaint beaucoup Quelle est celle qui
nous saute au cou Qui nous dispense sa
tenderse Toutes ses économies
d'caresses ?
De nos cœurs aux
pourceaux Perdons pas notre
latin Au profit des pantins Chantons pas la langue
des dieux Pour les balourds, les
fesse-mathieux Les paltoquets, ni les
bobèches Les foutriquets, ni
les pimbêches,
Ni pour la femme de
Bertrand Pour la femme de
Gontrand Pour la femme de
Pamphile Ni pour la femme de
Firmin Pour la femme de
Germain Pour celle de Benjamín Ni pour la femme
d'Honoré La femme de Désiré La femme de Théophile Encore moins pour la
femme de Nestor Mais pour la femme
d'Hector. |
En nuestra torre de Babel |
|
Malgré la bise qui
mord La pauvre vieille de
somme Va ramasser du bois
mort Pour chauffer Bonhomme Bonhomme qui va mourir De mort naturelle
A travers la forêt
blême Où jadis elle rêva De celui qu'elle aime |