Georges Brassens en español, en espagnol, in spanish

GEORGES BRASSENS

 

DISCO 3 (1953-1956)

INDICE

1. CHANSON POUR L’AUVERGNAT

7. AUPRÈS DE MON ARBRE

2. LES SABOTS D’HÉLÈNE

8. GASTIBELZA

3. MARINETTE

9. LE TESTAMENT

4. UNE JOLIE FLEUR

10. LA PRIÈRE

5. LA LÉGENDE DE LA NONNE

11. LE NOMBRIL DES FEMMES D’AGENTS

6. COLOMBINE

12. LES CROQUANTS

 

 

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Chanson pour l'Auvergnat

 

Elle est à toi cette chanson

Toi l'Auvergnat qui sans façon

M'as donné quatre bouts de bois

Quand dans ma vie il faisait froid

Toi qui m'as donné du feu quand

Les croquantes et les croquants

Tous les gens bien intentionnés

M'avaient fermé la porte au nez

Ce n'était rien qu'un feu de bois

Mais il m'avait chauffé le corps

Et dans mon âme il brûle encore

A la manièr' d'un feu de joie


Toi l'Auvergnat quand tu mourras

Quand le croqu'mort t'emportera

Qu'il te conduise à travers ciel

Au père éternel


Elle est à toi cette chanson

Toi l'hôtesse qui sans façon

M'as donné quatre bouts de pain

Quand dans ma vie il faisait faim

Toi qui m'ouvris ta huche quand

Les croquantes et les croquants

Tous les gens bien intentionnés

S'amusaient à me voir jeûner

Ce n'était rien qu'un peu de pain

Mais il m'avait chauffé le corps

Et dans mon âme il brûle encore

A la manièr' d'un grand festin


Toi l'hôtesse quand tu mourras

Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel

Au père éternel

Elle est à toi cette chanson

Toi l'étranger qui sans façon

D'un air malheureux m'as souri

Lorsque les gendarmes m'ont pris

Toi qui n'as pas applaudi quand

Les croquantes et les croquants

Tous les gens bien intentionnés

Riaient de me voir emmener

 

Ce n'était rien qu'un peu de miel

Mais il m'avait chauffé le corps

Et dans mon âme il brûle encore

A la manièr' d'un grand soleil


Toi l'étranger quand tu mourras

Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

 

 

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Canción para el Auvernés

 

Esta canción es para ti
Para ti Auvernés (1) que sin ceremonias

me diste un poco de leña
cuando tuve frío
tu que me diste fuego cuando
las paletas y los paletos
toda la gente bien intencionada
me cerró la puerta en las narices.
No era más que un poco de fuego de leña
pero eso calentó mi cuerpo
y en mi alma arde aún
como un inmenso fuego de artificio.

Tú, Auvernés, cuando mueras
cuando el enterrador te lleve
que te conduzca a través de cielo
hasta el Padre Eterno.

Esta canción es para
para ti anfitriona que sin ceremonias
me diste cuatro pedazos de pan
cuando tuve hambre
tu que abriste tu panera cuando
las paletas y los paletos
toda la gente bien intencionada
se divertían viéndome ayunar,
no fue más que un poco de pan
pero bastó para calentar mi cuerpo
y en mi alma arde aún
como un gran festín.

Tú, la anfitriona, cuando mueras
cuando el enterrador te lleve
que te conduzca a través de cielo
hasta el Padre Eterno.

Esta canción es para ti
para ti extranjero que sin ceremonias
con un sonrisa triste me sonreiste
cuando los gendarmens me detuvieron
Para ti que no aplaudiste cuando
las paletas y lo paletos
toda la gente bien intencionada
reían al ver como me llevaban.

No fue más que un poco de miel
pero calentó mi cuerpo
y en mi alma brilla aún
como un gran sol.

Tú, extranjero, cuando mueras,
cuando el enterrador te lleve,
que te conduzca a través de cielo
hasta el Padre Eterno.

 

(1) Auvernés: Natural de Auvernia (Auvergne), región del centro de Francia. Se refiere a Marcel Planche, esposo de Jeanne Le Bonniec dueños del número 7 del Impasse Florimont donde Brassens vivió desde 1944 hasta 1966. Ver la canción “Jeanne” en el disco 7.

 

 

Les sabots d'Hélène

 

Les sabots d'Hélène

Etaient tout crottés

Les trois capitaines

L'auraient appelée vilaine

Et la pauvre Hélène

Etait comme une âme en peine

Ne cherche plus longtemps de fontaine

Toi qui as besoin d'eau

Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène

Va-t'en remplir ton seau


Moi j'ai pris la peine

De les déchausser

Les sabots d'Hélèn'

Moi qui ne suis pas capitaine

Et j'ai vu ma peine

Bien récompensée

Dans les sabots de la pauvre Hélène

Dans ses sabots crottés

Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine

Et je les ai gardés


Son jupon de laine

Etait tout mité

Les trois capitaines

L'auraient appelée vilaine

Et la pauvre Hélène

Etait comme une âme en peine

Ne cherche plus longtemps de fontaine

Toi qui as besoin d'eau

Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène

Va-t'en remplir ton seau


Moi j'ai pris la peine

De le retrousser

Le jupon d'Hélèn'

Moi qui ne suis pas capitaine

Et j'ai vu ma peine

Bien récompensée

Sous le jupon de la pauvre Hélène

Sous son jupon mité

Moi j'ai trouvé des jambes de reine

Et je les ai gardés


Et le cœur d'Hélène

N'savait pas chanter

Les trois capitaines

L'auraient appelée vilaine

Et la pauvre Hélène

Etait comme une âme en peine

Ne cherche plus longtemps de fontaine

Toi qui as besoin d'eau

Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène

Va-t'en remplir ton seau

 
Moi j'ai pris la peine

De m'y arrêter

Dans le cœur d'Hélèn'

Moi qui ne suis pas capitaine

Et j'ai vu ma peine

Bien récompensée

Et dans le cœur de la pauvre Hélène

Qu'avait jamais chanté

Moi j'ai trouvé l'amour d'une reine

Et moi je l'ai gardé

 

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Los zuecos de Elena

 

Los zuecos de Elena
estaban totalmente embarrados
los tres capitanes
la hubiesen llamado fea
y la pobre Elena
estaba como un alma en pena
no busques más una fuente
tú que necesitas agua
no busques más, con las lágrimas
podrás llenar tu cubo.

Yo me tomé la molestía
de quitarle
los zuecos a Elena
yo que no soy capitán
y vi mi esfuerzo
bien recompensado
en los zuecos de pobre Elena
en sus zuecos embarrados
yo encontré los pies de una reina
y los he guardado.

Sus enaguas de lana
estaban totalmente apolilladas

los tres capitanes
la hubiesen llamado fea
y la pobre Elena
estaba como un alma en pena
no busques más una fuente
tú que necesitas agua
no busques más, con las lágrimas
podrás llenar tu cubo.


Yo me tomé la molestía
de remangarle
las enaguas a Elena
Yo que no soy capitán
y vi mi esfuerzo
bien recompensado
Bajo las enaguas de la pobre Elena
bajo sus enaguas apolilladas
yo encontré unas piernas de reina
y yo las he guardado.

Y el corazón de Elena
no sabía cantar
los tres capitanes
la hubiesen llamado fea
y la pobre Elena
estaba como un alma en pena
no busques más una fuente
tú que necesitas agua
no busques más, con las lágrimas
podrás llenar tu cubo.

 
Yo me tome la molestía
de detenerme en él
en el corazón de Elena
yo que no soy capitán
y vi mi esfuerzo
bien recompensado
y en el corazón de Elena
que no había cantado nunca
yo he encontrado el amor de una reina
y yo lo he guardado.

 

 

Marinette

 

Quand j'ai couru chanter ma p'tit' chanson pour Marinette

La belle, la traîtresse était allée à l'opéra

Avec ma p'tit' chanson, j'avais l'air d'un con, ma mère

Avec ma p'tit' chanson, j'avais l'air d'un con


Quand j'ai couru porter mon pot d'moutarde à Marinette

La belle, la traîtresse avait déjà fini d'dîner

Avec mon petit pot, j'avais l'air d'un con, ma mère

Avec mon petit pot, j'avais l'air d'un con


Quand j'offris pour étrenne un'bicyclette à Marinette

La belle, la traîtresse avait acheté une auto

Avec mon p'tit vélo, j'avais l'air d'un con, ma mère

Avec mon p'tit vélo, j'avais l'air d'un con


Quand j'ai couru tout chose au rendez-vous de Marinette

La bell' disait: "J't'adore" à un sal' typ' qui l'embrassait

Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con, ma mère

Avec mon bouquet d'fleurs, j'avais l'air d'un con


Quand j'ai couru brûler la p'tit' cervelle à Marinette

La belle était déjà morte d'un rhume mal placé

Avec mon revolver, j'avais l'air d'un con, ma mère

Avec mon revolver, j'avais l'air d'un con


Quand j'ai couru lugubre à l'enterr'ment de Marinette

La belle, la traîtresse était déjà ressuscitée

Avec ma p'tit' couronn', j'avais l'air d'un con, ma mère

Avec ma p'tit' couronn', j'avais l'air d'un con

 

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Marinette

 

Cuando corrí para cantarle mi cancioncita a Marineta
la bella, la traidora se había ido a la Opera
con mi cancioncita, yo parecía un gilipollas, madre
con mi cancioncita , yo parecía un gilipollas.


Cuando corrí para llevarle el bote de mostaza a Marineta
la bella, la traidora había terminado ya de cenar
con mi botecito, yo parecía un gilipollas, madre
con mi botecito,  yo parecía un gilipollas.

Cuando le ofrecí como regalo una bicicleta a Marineta
la bella, la traidora se había comprado un coche
con mi bicicletita, yo parecía un gilipollas, madre
con mi bicicletita, yo parecía un gilipollas

Cuando corrí como un descosido a la cita con Marineta
la bella decía: “Te adoro” a un asqueroso que la besaba
con mi ramo de flores, yo parecía un gilipollas, madre
con mi ramo de flores, yo parecía un gilipollas

Cuando corrí a volarle la cabeza a Marineta
la bella se había muerto ya de un mal resfriado
con mi revolver, yo parecía un gilipollas, madre
con mi revolver, yo parecía un gilipollas.

Cuando corrí lugubre al entierro de Marineta
la bella, la traidora había resucitado ya
con mi coronita, yo parecía un gilipollas, madre
con mi coronita, yo parecía un gilipollas.

 

Une jolie fleur

 

Jamais sur terre il n'y eut d'amoureux

Plus aveugles que moi dans tous les âges

Mais faut dir' qu' je m'étais creuvé les yeux

En regardant de trop près son corsage


Un' jolie fleur dans une peau d'vache

Un' jolie vach' déguisée en fleur

Qui fait la belle et qui vous attache

Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur

Le ciel l'avait pourvue des mille appas

Qui vous font prendre feu dès qu'on y touche

L'en avait tant que je ne savais pas

Ne savais plus où donner de la bouche


Un' jolie fleur dans une peau d'vache

Un' jolie vach' déguisée en fleur

Qui fait la belle et qui vous attache

Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur

Ell' n'avait pas de tête, ell' n'avait pas

L'esprit beaucoup plus grand qu'un dé à coudre

Mais pour l'amour on ne demande pas

Aux filles d'avoir inventé la poudre


Un' jolie fleur dans une peau d'vache

Un' jolie vach' déguisée en fleur

Qui fait la belle et qui vous attache

Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur
 
Puis un jour elle a pris la clef des champs

En me laissant à l'âme un mal funeste

Et toutes les herbes de la Saint-Jean

N'ont pas pu me guérir de cette peste


J' lui en ai bien voulu, mais à présent

J'ai plus d'rancune et mon cœur lui pardonne
D'avoir mis mon cœur à feu et à sang

Pour qu'il ne puisse plus servir à personne


Un' jolie fleur dans une peau d'vache

Un' jolie vach' déguisée en fleur

Qui fait la belle et qui vous attache

   Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur

 

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Una bonita flor

 

Nunca en la tierra hubo enamorados
más ciegos que yo a cualquier edad
pero hay que decir que me rompí las narices
al mirar demasiado cerca su blusa

Una corderita con piel de lobo
una bonita loba disfrazada de cordera
que se hace la tierna y que os ata
y luego, os lleva por donde quiere


El cielo la había dotado de mil encantos
que os ponen al rojo vivo desde que se tocan
ella tenía tantos que yo no sabía
no sabía ya donde poner la boca.

Una corderita con piel de lobo
una bonita loba disfrazada de cordera
que se hace la tierna y que os ata
y luego, os lleva por donde quiere


Ella no tenía cabeza, ella no tenía
el cerebro más grande que un dedal
pero para el amor no se les pide
a las chicas haber inventado la polvora.

Una corderita con piel de lobo
una bonita loba disfrazada de cordera
que se hace la tierna y que os ata
y luego, os lleva por donde quiere

 
Depués, un día, ella se largó
dejándome en el alma un mal funesto
y todas la hierbas de San Juan
no han podido curarme de este mal.

Por eso la quise mal, pero ahora
ya no le guardo rencor y mi corazón le perdona

de haber asolado mi corazón
para que ya no pueda servir a nadie.

Una corderita con piel de lobo
una bonita loba disfrazada de cordera
que se hace la tierna y que os ata
y luego, os lleva por donde quiere

 

 

La légende de la nonne

 

Venez, vous dont l'œil étincelle,

Pour entendre une histoire encor,

Approchez: je vous dirai celle

De doña Padilla del Flor

Elle était d'Alanje, où s'entassent

Les collines et les halliers.

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Il est des filles à Grenade

Il en est à Séville aussi

Qui, pour la moindre sérénade

A l'amour demandent merci

Il en est que parfois embrassent

Le soir, de hardis cavaliers

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Ce n'est pas sur ce ton frivole

Qu'il faut parler de Padilla

Car jamais prunelle espagnole

D'un feu plus chaste ne brilla

Elle fuyait ceux qui pourchassent

Les filles sous les peupliers

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Elle prit le voile à Tolède

Au grand soupir des gens du lieu

Comme si, quand on n'est pas laide

On avait droit d'épouser Dieu

Peu s'en fallut que ne pleurassent

Les soudards et les écoliers

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Or, la belle à peine cloîtrée

Amour en son cœur s'installa

Un fier brigand de la contrée

Vint alors et dit : "Me voilà!"

Quelquefois les brigands surpassent

En audace les chevaliers

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Il était laid : les traits austères

La main plus rude que le gant

Mais l'amour a bien des mystères

Et la nonne aima le brigand

On voit des biches qui remplacent

Leurs beaux cerfs par des sangliers
Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


La nonne osa, dit la chronique

Au brigand par l'enfer conduit

Aux pieds de Sainte Véronique

Donner un rendez-vous la nuit

A l'heure où les corbeaux croassent

Volant dans l'ombre par milliers

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Or quand, dans la nef descendue

La nonne appela le bandit

Au lieu de la voix attendue

C'est la foudre qui répondit

Dieu voulu que ses coups frappassent

Les amants par Satan liés

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.


Cette histoire de la novice

Saint Ildefonse, abbé, voulut

Qu'afin de préserver du vice

Les vierges qui font leur salut

Les prieurs la racontassent

Dans tous les couvents réguliers

Enfants, voici des bœufs qui passent

Cachez vos rouges tabliers.

 

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La leyenda de la monja

 

Venid, vosotros cuyos ojos brillan,
para oir una aún una historia,
acercaos: yo os contaré la
de doña Padilla del Flor.
Ella era de Alanje, donde se amontonan
las colinas y los matorrales.
Chicos, he aquí los toros que pasan

esconded vuestro rojo delantal.

Hay chicas en Granada
también las hay en Sevilla
que, por una mínima serenata
al amor le piden clemencia.
Hay veces que abrazan
por la noche, a atrevidos caballeros.
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

No es en este tono frívolo
en el que hay que hablar de Padilla
pues nunca una chica española
brilló con un fuego más casto
Ella huía de los que persiguen
a las chicas bajos los álamos.
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

Ella tomó los hábitos en Toledo
con gran pena de las gentes del lugar
como si, cuando no se es fea
se tuviese derecho a casarse con Dios.
Poco faltó para que llorasen
la soldadesca y los escolares.
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

Ahora bien, apenas se enclaustró la bella
que el amor se instaló en su corazón
un orgulloso bandido de la comarca
vino entonces y dijo: “¡Aquí estoy!”
A veces los bandidos sobrepasan
en audacia a los caballeros
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

Era feo: los rasgos austeros
la mano más ruda que el guante
pero el amor tiene misterios
y la monja se enamoró del bandido
Se ve a ciervas que cambian
sus bellos ciervos por jabalíes.

Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

La monja se atrevió, dice la crónica
al bandido por el infierno conducido
a los pies de Santa Verónica
a darle una cita por la noche
a la hora en que los cuervos graznan
volando en la sombra por millares.
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

Ahora bien, bajada a la nave
la monja llamó al bandido
en lugar de la voz esperada
fue el rayo el que respondió
Dios quiso que sus golpes golpeasen
a los amantes unidos por Satán
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

Esta historia de la novicia
San Ildefonso, abad, quiso
que a fin de preservar del vicio
a las vírgenes, que le dan salud,
los priores la contasen
en todos los conventos regulares
Chicos, he aquí los toros que pasan
esconded vuestro rojo delantal.

 

 

 

Colombine
Paroles: Paul Verlaine,

Musique: Georges Brassens

 

Léandre le sot,

Pierrot qui d'un saut

De puce

Franchit le buisson,

Cassandre sous son

Capuce,

 

Arlequin aussi,

Cet aigrefin si

Fantasque,

Aux costumes fous,

Les yeux luisant sous

Son masque,


Do, mi, sol, mi, fa,

Tout ce monde va,

Rit, chante

Et danse devant

Une frêle enfant

Méchante


Dont les yeux pervers

Comme les yeux verts

Des chattes

Gardent ses appas

Et disent :

"A bas Les pattes !"

L'implacable enfant,

Preste et relevant

Ses jupes,

La rose au chapeau,

Conduit son troupeau

De dupes !

 

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Colombine

Paroles: Paul Verlaine,

Musique: Georges Brassens

 

Leandro el tonto,
Pierrot que de un salto
de pulga
franquea el matorral,
Cassandra bajo su
capucha

Arlequín también
este estafador tan
caprichoso,
con vestidos estrafalarios,
los ojos brillando bajo
su máscara,

Do, mi, sol, mi, fa,
toda esa gente va,
rie, canta
y baila delante de
una débil chica
malvada

cuyos ojos perversos
como los ojos verdes
de las gatas
guardan sus encantos
y dicen:
”¡Abajo las patas!”


La implacable niña,
ágil y levantando
su falda,
la rosa en el sombrero
conduce su tropa
de tontos!

 

 

 

Auprès de mon arbre

J'ai plaqué mon chêne

Comme un saligaud

Mon copain le chêne

Mon alter ego

On était du même bois

Un peu rustique un peu brut

Dont on fait n'importe quoi

Sauf naturell'ment les flûtes

J'ai maint'nant des frenes

Des arbres de Judée

Tous de bonne graine

De haute futaie

Mais toi, tu manque à l'appel

Ma vieille branche de champagne

Mon seul arbre de Noel

Mon mât de cocagne


Auprès de mon arbre

Je vivais heureux

J'aurais jamais dû

M'éloigner d' mon arbre

Auprès de mon arbre

Je vivais heureux

J'aurais jamais dû

Le quitter des yeux