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GEORGES
BRASSENS DISCO 2 (1952-1954) |
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Les
amoureux des bancs publics Les gens qui voient de travers Pensent que les bancs
verts Qu'on voit sur les
trottoirs Sont faits pour les
impotents ou les ventripotents Mais c'est une
absurdité Car à la vérité Ils sont là c'est
notoire Pour accueillir
quelque temps les amours débutants
Les amoureux qui
s'bécott'nt sur les bancs publics Bancs publics, bancs
publics En s'fouttant pas mal
du regard oblique Des passants honnêtes Les amoureux qui
s'bécott'nt sur les bancs publics Bancs publics, bancs
publics En s'disant des
"Je t'aime" pathétiques Ont des p'tit's gueul'
bien sympatiques
Ils se tiennent par la
main Parlent du lendemain Du papier bleu d'azur Que revêtiront les
murs de leur chambre à coucher Ils se voient déjà
doucement Ell' cousant, lui
fumant Dans un bien-être sûr Et choisissent les
prénoms de leur premier bébé
Quand la saint'
famill' machin Croise sur son chemin Deux de ces malparís Ell' leur décoche
hardiment des propos venimeux N'empêch' que tout' la
famille Le pèr', la mèr', la
fille Le fils, le Saint
Esprit Voudrait bien de temps
en temps pouvoir s'conduir' comme eux
Quand les mois auront
passé Quand seront apaisés Leurs beaux rêves
flambants Quand leur ciel se
couvrira de gros nuages lourds Ils s'apercevront émus Qu' c'est au hasard
des rues Sur un d'ces fameux
bancs Qu'ils ont vécu le
meilleur morceau de leur amour Les amoureux qui
s'bécott'nt sur les bancs publics |
Los enamorados de
los bancos públicos Las gentes que miran con malas ideas Ellos se cogen de la mano
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Margonton la jeune
bergère Trouvant dans l'herbe
un petit chat Qui venait de perdre
sa mère L'adopta Elle entrouvre sa
collerette Et le couche contre
son sein C'était tout c'quelle
avait pauvrette Comm' coussin. Le chat la prenant
pour sa mère Se mit à téter tout de
go Emue, Margot le laissa
faire Brav' Margot Un croquant passant à
la ronde Trouvant le tableau
peu commun S'en alla le dire à
tout l'monde Et le lendemain
Pour donner la
gougoutte à son chat Tous les gars, tous
les gars du village Etaient là, la la la
la la la Etaient là, la la la
la la Et Margot qu'était
simple et très sage Présumait qu'c'était
pour voir son chat Qu'tous les gars, tous
les gars du village Etaient là, la la la
la la la Etaient là, la la la
la la
Le mair', le bedeau,
le bougnat Négligeaient carrément
leur tâche Pour voir ça Le facteur d'ordinair'
si preste Pour voir ça,
n'distribuait plus Les lettres que
personne au reste N'aurait lues Pour voir ça, Dieu le
leur pardonne Les enfants de cœur au
milieu Du Saint Sacrifice
abandonnent Le saint lieu Les gendarmes, mêm'
mes gendarmes Qui sont par natur' si
ballots Se laissaient toucher
par les charmes Du joli tableau
Pour donner la
gougoutte à son chat Tous les gars, tous
les gars du village Etaient là, la la la
la la la Etaient là, la la la
la la Et Margot qu'était
simple et très sage Présumait qu'c'était
pour voir son chat Qu'tous les gars, tous
les gars du village Etaient là, la la la
la la la Etaient là, la la la
la la
Privées d'leurs époux,
d'leurs galants Accumulèrent la
rancune Patiemment Puis un jour ivres de
colère Elles s'armèrent de
bâtons Et farouches elles
immolèrent Le chaton La bergère après bien
des larmes Pour s'consoler prit
un mari Et ne dévoila plus ses
charmes Que pour lui Le temps passa sur les
mémoires On oublia l'évènement Seul des vieux
racontent encore A leurs p'tits enfants
Pour donner la
gougoutte à son chat Tous les gars, tous
les gars du village Etaient là, la la la
la la la Etaient là, la la la
la la Et Margot qu'était
simple et très sage Présumait qu'c'était
pour voir son chat Qu'tous les gars, tous
les gars du village Etaient là, la la la
la la la Etaient là, la la la
la la |
Margarita la joven pastora Cuando Margot desabrochaba su corsé
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Avec une bêche à
l'épaule, Avec, à la lèvre, un
doux chant, Avec, à la lèvre, un
doux chant, Avec, à l'âme, un
grand courage, Il s'en allait trimer
aux champs!
Creuse la terre,
creuse le temps! De l'aurore jusqu'au
couchant, De l'aurore jusqu'au
couchant, Il s'en allait bêcher
la terre En tous les lieux, par
tous les temps! Creuse la terre,
creuse le temps!
Ni l'air jaloux ni
l'air méchant, Ni l'air jaloux ni
l'air méchant, Il retournait le champ
des autres, Toujours bêchant, toujours
bêchant!
Creuse la terre,
creuse le temps!
De labourer son
dernier champ, De labourer son
dernier champ, Il creusa lui-même sa
tombe En faisant vite, en se
cachant...
Creuse la terre,
creuse le temps!
En faisant vite, en se
cachant, En faisant vite, en se
cachant, Et s'y étendit sans
rien dire Pour ne pas déranger
les gens...
Dors sous la terre,
dors sous le temps! |
Con una laya a la espalda, |
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J'ai tout oublié des
campagnes D'Austerlitz et de
Waterloo D'Italie, de Prusse et
d'Espagne De Pontoise et de
Landernau
On ne l'oubliera La première fille Qu'on a pris dans ses
bras La première étrangère A qui l'on a dit
"tu" Mon cœur, t'en
souviens-tu ? Comme ell' nous était
chère Qu'ell' soit fille
honnête Ou fille de rien Qu'elle soit pucelle Ou qu'elle soit putain On se souvient d'elle On s'en souviendra D'la premièr' fill' Qu'on a pris dans ses
bras
Mes souvenirs de la
Suzón Et ma mémoire est
infidèle A Julie, Rosette ou
Lison
On ne l'oubliera La première fille Qu'on a pris dans ses
bras C'était une bonne
affaire Mon cœur, t'en
souviens-tu ? J'ai changé ma vertu Contre une primevère Qu'ce soit en grand'
pompe Comme les gens
"bien" Ou bien dans la rue Comm' les pauvr's et
les chiens On se souvient d'elle On s'en souviendra D'la premièr' fill' Qu'on a pris dans ses
bras
D'amour et de septième
ciel Moi, je te garde et,
moi, je t'aime Dernier cadeau du Pèr'
Noel
On ne l'oubliera La première fille Qu'on a pris dans ses
bras On a beau fair' le
brave Quand elle s'est mise
nue Mon cœur, t'en
souviens-tu ? On n'en menait pas
large Bien d'autres, sans
doute Depuis sont venues Oui, mais, entre
tout's Cell's qu'on a connues Elle est la dernière Que l'on oubliera La premièr' fill' Qu'on a pris dans ses
bras |
Yo lo he olvidado todo de las campañas Que ella fuesa chica honesta que fuese con gran pompa Muchas otras, sin duda |
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La cane de Jeanne Ver foto La cane De Jeanne Est morte au gui l'an
neuf L'avait fait la veille Merveille Un œuf
De Jeanne Est morte d'avoir fait Du moins on le présume Un rhume Mauvais
De Jeanne Est morte sur son œuf Et dans son beau
costume De plumes Tout neuf
De Jeanne Ne laissant pas de
veuf C'est nous autres qui
eûmes Les plumes Et l'œuf
Sans doute Garderons longtemps le Souvenir de la cane De Jeanne Morbleu |
La pata (1)
Au
gui l’an neuf: Expresión que en el mundo celta equivalía a nuestro ¡Feliz Año
Nuevo!. La ceremoniosa recogida del muérdago (gui), en noviembre, significaba
el inicio del año nuevo celta. |
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Ci-gît au fond de mon
cœur une histoire ancienne Un fantôme, un
souvenir d'une que j'aimais Le temps, à grands
coups de faux, peut faire des siennes Mon bel amour dure encore,
et c'est à jamais
En trouvant Margot Princesse vêtue de
laine Déesse en sabots Si les fleurs, le long
des routes S'mettaient à marcher C'est à la Margot,
sans doute Qu'ell's feraient
songer J'lui ai dit: "De
la Madone Tu es le portrait
!" Le Bon Dieu me le
pardonne C'était un peu vrai
D'ailleurs, je m'en
fous J'ai déjà mon âme en
peine Je suis un voyou
Se mettre à genoux Alors j'ai mordu ses
lèvres Pour savoir leur goût Ell' m'a dit, d'un ton
sévère "Qu'est-ce que tu
fais là ?" Mais elle m'a laissé
faire Les fill's, c'est
comm' ça J'lui ai dit: "
Par la Madone Reste auprès de moi !
" Le Bon Dieu me le
pardonne Mais chacun pour soi |