GEORGES BRASSENS

 

DISCO 11 (1972)

 

INDICE

1. FERNANDE

6. LE BLASON

2. STANCES À UN CAMBRIOLEUR

7. MOURIR POUR DES IDÉES

3. LA BALLADE DES GENS QUI SONT NÉS QUELQUE PART

8. QUATRE –VINGT-QUINZE POUR CENT

4. LA PRINCESSE ET LE CROQUE-NOTES

9. LES PASSANTES

5. SAUF LE RESPECT QUE JE VOUS DOIS

10. LE ROI

11. A L’OMBRE DES MARIS

 

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Fernande

 

Une manie de vieux garçon
Moi j'ai pris l'habitude
D'agrémenter ma sollitude
Aux accents de cette chanson:

{Refrain:}
Quand je pense à Fernande
Je bande, je bande
Quand j' pense à Felicie
Je bande aussi
quand j' pense à Léonor
Mon dieu je bande encore
Mais quand j' pense à Lulu
Là je ne bande plus
La bandaison papa
Ça n' se commande pas.

C'est cette mâle ritournelle
Cette antienne virile
Qui retentit dans la guérite
De la vaillante sentinelle:
{Refrain:}


Afin de tromper son cafard
De voir la vie moins terne
Tout en veillant sur sa lanterne
Chante ainsi le gardien de phare:
{Refrain:}


Après la prière du soir
Comme il est un peu triste
Chante ainsi le séminariste
A genoux sur son reposoire:
{Refrain:}

A l'Etoile où j'était venu
Pour ranimer la flamme
J'entendis émus jusqu'au larmes
La voix du soldat inconnu:
{Refrain:}

Et je vais mettre un point final
A ce chant salutaire
En suggérant au solitaire
D'en faire un hymme national:

{Refrain:}

 

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Fernanda

 

Como una manía de mozo viejo,

Tengo la costumbre

De amenizar mi soledad

Con los aires de esta canción:

 

 

Cuando pienso en Fernanda

Me empalmo, me empalmo

Cuando pienso en Felicie

Me empalmo también

Cuando pienso en Leonor

Dios mío, me empalmo aún

Pero cuando pienso en Lulu

Ya, ya no me empalmo.

La erección, papá,

no viene por encargo.

 

Es esta varonil canción

Esta antífona viril

La que resuena en la garita

Del valiente centinela:

{Refrain:}

 

A fin de engañar su tristeza

De ver la vida menos fría

Siempre vigilante en su linterna

Canta así el guarda del faro:

{Refrain:}

 

Después de la plegaria de la noche

Como se siente un poco triste

Canta así el seminarista

De rodillas en su reclinatorio:

{Refrain:}

 

En la Estrella (1), adonde fui

Para reavivar la llama

Escuché conmovido hasta llorar

La voz del soldado desconocido:

{Refrain:}

 

Y voy a poner punto final

A este canto saludable

Sugiriendo al solitario

Que haya de él su himmo nacional:

{Refrain:}

 

(1)   Étoile: Plaza de l’Étoile en París. En su centro se encuentra el Arco del Triunfo y bajo éste una llama siempre encendida en memoria del soldado desconocido.

 

Stances à un cambrioleur

 

Prince des monte-en-l'air et de la cambriole
Toi qui eus le bon goût de choisir ma maison
Cependant que je colportais mes gaudrioles
En ton honneur j'ai composé cette chanson

Sache que j'apprécie à sa valeur le geste
Qui te fit bien fermer la porte en repartant
De peur que des rôdeurs n'emportassent le reste
Des voleurs comme il faut c'est rare de ce temps


Tu ne m'as dérobé que le stricte nécessaire
Délaissant dédaigneux l'exécrable portrait
Que l'on m'avait offert à mon anniversaire
Quel bon critique d'art mon salaud tu ferais

Autre signe indiquant toute absence de tare
Respectueux du brave travailleur tu n'as
Pas cru décent de me priver de ma guitare
Solidarité sainte de l'artisanat

Pour toutes ces raisons vois-tu, je te pardonne
Sans arrière-pensée après mûr examen
Ce que tu m'as volé, mon vieux, je te le donne
Ça pouvait pas tomber en de meilleures mains

D'ailleurs moi qui te parle, avec mes chansonnettes
Si je n'avais pas dû rencontrer le succès
J'aurais tout comme toi, pu virer malhonnête
Je serais devenu ton complice, qui sait

En vendant ton butin, prends garde au marchandage
Ne vas pas tout lâcher en solde au receleurs
Tiens leur la dragée haute en évoquant l'adage
Qui dit que ces gens-là sont pis que les voleurs


Fort de ce que je n'ai pas sonné les gendarmes
Ne te crois pas du tout tenu de revenir
Ta moindre récidive abolirait le charme
Laisse-moi je t'en prie, sur un bon souvenir

Monte-en-l'air, mon ami, que mon bien te profite
Que Mercure te préserve de la prison
Et pas trop de remords, d'ailleurs nous sommes quittes
Apres tout ne te dois-je pas une chanson

Post-Scriptum, si le vol est l'art que tu préfères
Ta seule vocation, ton unique talent
Prends donc pignon sur rue, mets-toi dans les affaires
Et tu auras les flics même comme chalands

 

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Estancias a un ladrón

 

Principe de los rateros y desvalijadores,

Tú que tuviste el buen gusto de elegir mi casa,

Mientras vendía por las calles mis pícaras canciones,

En tu honor he compuesto esta canción.

 

Has de saber que le doy su valor al detalle

Que tuviste al cerrar la puerta al marcharte

Temiendo que los merodeadores no se llevasen el resto,

Ladrones como dios manda, hay pocos hoy día.

 

No me has robado más que lo estrictamente necesario

Dejando desdeñoso el horroros retrato

Que me habían regalado en mi cumpleaños

¡Qué buen crítico de arte serías, bribón!

 

Otro signo que indica ausencia de maldad,

Respetuoso con el buen trabajador tu no has

Creído decente de privarme de mi guitarra,

Solidaridad santa del artesanado.

 

Por todas estas razones, ves, te perdono

Sin segundas, después de un detenido examen.

Lo que me has robado, amigo, te lo doy,

No podía caer en mejores manos.

 

Por otra parte, yo, con mis cancioncillas

Si no hubiese encontrado el éxito

Hubiese podido, como tú, tomar el mal camino,

Hubiese llegado a ser tu cómplice, ¡quién sabe!

 

Al vender tu botín, ten cuidado con el regateo,

No se lo vayas a dar tirado a los peristas,

Hazles pagar caro evocando el dicho

Que dice que esas gentes son peores que los ladrones

 

Confiado en que no he llamado a los gendarmes,

No te creas obligado a volver,

Tu menor reincidencia aboliría el encanto,

Déjame, te lo ruego, un buen recuerdo.

 

Ladronzuelo, amigo, que mis bienes te aprovechen,

Que Mercurio te preserve de la prisión,

Y no tengas remordimientos, estamos empatados,

Después de todo ¿no te debo y una canción?

 

 

Postdata: Si el robo es el arte que prefieres

Tu única vocación, tu único talento,

Sé tu propio jefe, metete en los negocios

Y tendrás incluso a los policías, como peristas.

La ballade des gens qui sont

nés quelque part

 

C'est vrai qu'ils sont plaisants tous ces petits villages
Tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits, ces cités
Avec leurs châteaux forts, leurs églises, leurs plages
Ils n'ont qu'un seul point faible et c'est être habités
Et c'est être habités par des gens qui regardent
Le reste avec mépris du haut de leurs remparts
La race des chauvins, des porteurs de cocardes
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Maudits soient ces enfants de leur mère patrie
Empalés une fois pour toutes sur leur clocher
Qui vous montrent leurs tours leurs musées leur mairie
Vous font voir du pays natal jusqu'à loucher
Qu'ils sortent de Paris ou de Rome ou de Sète
Ou du diable vauvert ou bien de Zanzibar
Ou même de Montcuq il s'en flattent mazette
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

Le sable dans lequel douillettes leurs autruches
Enfouissent la tête on trouve pas plus fin
Quand à l'air qu'ils emploient pour gonfler leurs baudruches
Leurs bulles de savon c'est du souffle divin
Et petit à petit les voilà qui se montent
Le cou jusqu'à penser que le crottin fait par
Leurs chevaux même en bois rend jaloux tout le monde
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

C'est pas un lieu commun celui de leur naissance
Ils plaignent de tout cœur les petits malchanceux
Les petits maladroits qui n'eurent pas la présence
La présence d'esprit de voir le jour chez eux
Quand sonne le tocsin sur leur bonheur précaire
Contre les étrangers tous plus ou moins barbares
Ils sortent de leur trou pour mourir à la guerre
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

 

 

Mon dieu qu'il ferait bon sur la terre des hommes
Si l’on n’y rencontrait cette race incongrue
Cette race importune et qui partout foisonne
La race des gens du terroir des gens du cru
Que la vie serait belle en toutes circonstances
Si vous n'aviez tiré du néant tous ces jobards
Preuve peut-être bien de votre inexistence
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part
Les imbéciles heureux qui sont nés quelque part

 

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La balada de la gente que ha nacido en algún sitio

 

Es verdad que son bonitas todos esos pueblecitos,

Todos esas villas, esas aldeas, esos lugares, esas ciudades,

Con sus castillos, sus iglesias, sus playas,

Sólo tienen un punto débil y es estar habitadas

Y es estar habitadas por gentes que miran

El resto con desprecio desde lo alto de sus murallas.

La raza de los patriotas, de portadores de estandartes,

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte.

 

Malditos sean estos hijos de su madre patria

Y empalaos de una vez por todas en sus campanarios

Pues os enseñan sus torres, sus museos, su ayuntamiento,

Os enseñan su país natal hasta haceros bizquear.

Que sean de París o de Roma o de Sète,

O del quinto pino o bien de Zanzíbar

O incluso de Moncuq, se jactan ¡caramba!

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte.

 

La arena en la que sus sensibles avestruces

Hunden la cabeza, no la hay mas fina,

En cuanto al aire que emplean para llenar sus tripas,

Sus pompas de jabón, es un soplo divino.

Y poco a poco he aquí que se convencen

De que hasta el estiércol hecho por

Sus caballos, aunque sean de madera, le da envidia

A todo el mundo,

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte.

 

 

No es un lugar común el de su nacimiento,

compadecen de todo corazón a los pobres desgraciados,

a los pequeños desafortunados que no tuvieron la presencia,

la presencia de espíritu de ver la luz entre ellos.

Cuando suena la alarma sobre su felicidad precaria

Contra los extranjeros, todos más o menos bárbaros,

Salen de su agujero para morir en la guerra.

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte.

 

Dios mío qué feliz sería la tierra

Si sobre ella no se encontrase esta raza incongruente

Esta raza inoportuna y que abunda por todas partes

La raza de la gente del terruño de la gente de lugar.

Qué hermosa sería la vida siempre

Si no hubieses sacado de la nada a estos tontos

Prueba, quizas definitiva, de tu inexistencia: Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte

Los felices imbéciles que han nacido en alguna parte.

 

 

La princesse et le croque-notes

 

Jadis, au lieu du jardin que voici,
C'etait la zone et tout ce qui s'ensuit,
Des masures des taudis insolites,
Des ruines pas romaines pour un sou.
Quant à la faune habitant la dessous
C'etait la fine fleur c'etait l'élite.

La fine fleur, l'élite du pavé.
Des besogneux des gueux des réprouvés,
Des mendiants rivalisant de tares,
Des chevaux de retour des propres à rien,
Ainsi qu'un croque-note, un musicien,
Une épave accrochée à sa guitare.

Adoptée par ce beau monde attendri,
Une petite fée avait fleuri
Au milieu de toute cette bassesse.
Comme on l'avait trouvée pres du ruisseau,
Abandonnée en un somptueux berceau,
A tout hasard on l'appelait "princesse".

Or, un soir, Dieu du ciel, protégez nous!
La voila qui monte sur les genoux
Du croque-note et doucement soupire,
En rougissant quand meme un petit peu:
"C'est toi que j'aime et si tu veux tu peux
M'embrasser sur la bouche et même pire ..."

"- Tout beau, princesse arrete un peu ton tir,
J'ai pas tellement l'étoffe du satyr',
Tu a treize ans,j'en ai trente qui sonnent,
Grosse différence et je ne suis pas chaud
Pour tater d'la paille humide du cachot ...
- Mais croque-not',j'dirais rien à personne ..."

- N'insiste pas fit-il d'un ton railleur,
D'abord tu n'es pas mon genre et d'ailleurs
Mon cœur est dejà pris par une grande ..."
Alors princesse est partie en courant,
Alors princesse est partie en pleurant,
Chagrine qu'on ait boudé son offrande.

Y a pas eu détournement de mineure,
Le croque-note au matin, de bonne heure,
A l'anglaise a filé dans la charette
Des chiffonniers en grattant sa guitare.
Passant par là quelques vingt ans plus tard,
Il a le sentiment qu'il le regrette.

 

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La princesa y el músico callejero

 

Antaño, en lugar del jardín que hay ahora,

En toda esta zona y los alrededores había

casuchas y cuchitriles insólitos,

ruínas que no tenían nada de romanas.

En cuanto a la fauna que vivía dentro de ellas

Era la flor y nata, era la élite.

 

La flor y nata, la élite de la calle.

Necesitados, indigentes, marginados,

Mendigos a cual de ellos más tarado.

Reincidentes buenos para nada,

Entre ellos un rasca-notas, un músico,

Un desecho agarrado a su guitarra.

 

Adoptada por esta buena gente enternecida,

Una pequeña hada había florecido,

En medio de toda esta bajeza.

Como la habían encotrado certa del arroyo,

Abandonada en una suntuosa cuna,

Sin pensarlo la llamaron “princesa”.

 

Y una noche, ¡Dios del cielo, protégenos1

He aquí que se sube a las rodillas

Del rasca-notas y dulcemente suspira,

Ruborizándose al menos un poquito:

“Yo te quiero y si quieres, puedes

besarme en la boca en incluso más...”

 

“- Bueno, bueno, princesa, detente un poco,

no tengo madera de sátiro,

tienes trece años y yo treinta contantes y sonantes,

mucha diferencia y no estoy dispuesto

a dormir en la paja húmeda de un calabozo...

- Pero, musiquillo, yo no se contaré a nadie...”

 

“- No insistas, dijo él, con un tono burlón,

de entrada, no ers mi tipo y por otro lado

mi corazón ya está ocupado por una adulta...”

Entonces princesa se fue corriendo,

Entonces princesa se fue llorando,

Dolida porque se había rechazado su ofrenda.

 

No hubo corrupción de menor,

El musiquillo por la mañana, temprano,

Sin despedirse, se montó en la carreta

De los traperos, rascando su guitarra.

Pasando por allí, unos veinte años después,

Tuvo la sensación de que lo lamenta.

 

Sauf le respect

que je vous dois

 

Si vous y tenez tant parlez-moi des affaires publiques
Encor que ce sujet me rende un peu mélancolique
Parlez-m'en toujours je n'vous en tiendrai pas rigueur
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

Fi des chantres bêlant qui taquine la muse érotique
Des poètes galants qui lèchent le cul d'Aphrodite
Des auteurs courtois qui vont en se frappant le cœur
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois


Naguère mes idées reposaient sur la non-violence
Mon agressivité je l'avait réduite au silence
Mais tout tourne court ma compagne était une gueuse
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

Ancienne enfant trouvée n'ayant connu père ni mère
Coiffée d'un chap'ron rouge ell' s'en fut ironie amère
Porter soi-disant une galette à son aïeule
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

Je l'attendis un soir je l'attendis jusqu'à l'aurore
Je l'attendis un an pour peu je l'attendrais encore
Un loup de rencontré aura séduite cette gueuse
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

Cupidon ce salaud geste chez lui qui n'est pas rare
Avais trempé sa flèche un petit peu dans le curare
Le philtre magique avait tout du bouillon d'onze heures
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

Ainsi qu'il est fréquent sous la blancheur de ses pétales
La marguerite cachait une tarentule un crotale
Une vraie vipère à la fois lubrique et visqueuse
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

Que le septième ciel sur ma pauvre tête retombe
Lorsque le désespoir m'aura mis au bord de la tombe
Cet ultime discours s'exhalera de mon linceul
Parlez-moi d'amour et j'vous fous mon poing sur la gueule
Sauf le respect que je vous dois

 

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Con el debido respeto

 

 

Si tenéis tanto empeño, habladme de asuntos públicos

Aunque ese tema me pone un poco melancólico,

Habladme siempre de lo mismo que os perdonaré...

Habladme de amor y os hundo el puño  en la cara,

Con el debido respeto.

 

 

Fuera todos los cantores berreantes que molestan a la musa erótica

Todos los poetas galantes que lamen el culo de Afrodita

Todos los poetas corteses que se golpean el pecho

Habladme de amor y os hundo el puño  en la cara,

Con el debido respeto.

 

Hace poco mis ideas se basaban en la no-violencia,

Mi agresividad la había reducido hasta callarla,

Pero todo ha dado la vuelta, mi compañera es una bribona

Habladme de amor y os hundo el puño en la cara,

Con el debido respeto.

 

Vieja niña abandonada, que no conoció padre ni madre

Vestida con una caperuza roja, ella se marchó, amarga ironía

A llevar, según dicen, una galleta a su abuela,

Habladme de amor y os hundo el puño en la cara,

Con el debido respeto.

 

La esperé una noche, la esperé hasta la aurora,

La esperé todo un año, y por poco no la espero todavía

Un lobo encontradizo habrá seducido a la bribona.

Habladme de amor y os hundo el puño en la cara,

Con el debido respeto.

 

 

Cupido, ese cerdo, cosao que en él no es rara,

Había mojado su flecha un poco en curare,

El filtro mágico era un veneno,

Habladme de amor y os hundo el puño en la cara,

Con el debido respeto.

 

 

Así como es frecuente, bajo la blancura de sus pétalos,

La margarita ocultaba una tarántula, un crótalo,

Una verdadera víbora a la vez lúbrica y viscosa.

Habladme de amor y os hundo el puño en la cara,

Con el debido respeto.

 

 

¡Que el séptimo cielo caiga sobre mi cabeza!

Cuando la deseperación me ponga al borde de la tumba

Este último discurso saldrá de mi mortaja:

Habladme de amor y os hundo el puño en la cara,

Con el debido respeto.

 

Le blason

 

Ayant avecques lui toujours fait bon ménage
J'eusse aimé célébrer sans être inconvenant
Tendre corps féminin ton plus bel apanage
Que tous ceux qui l'ont vu disent hallucinant.

Ceût été mon ultime chant mon chant du cygne
Mon dernier billet doux mon message d'adieu
Or malheureusement les mots qui le désignent
Le disputent à l'exécrable à l'odieux.

C'est la grande pitié de la langue française
C'est son talon d'Achille et c'est son déshonneur
De n'offrir que des mots entachés de bassesse
A cette incomparable instrument de bonheur.

Alors que tant de fleurs ont des noms poétiques
Tendre corps féminin' c'est fort malencontreux
Que la fleur la plus douce la plus érotique
Et la plus enivrante en ait de plus scabreux.


Mais le pire de tous est un petit vocable
De trois lettres pas plus familier coutumier
Il est inexplicable il est irrévocable
Honte à celui-là qui l'employa le premier

Honte à celui-là qui par dépit par gageure
Dota de même terme en son fiel venimeux
Ce grand ami de l'homme et la cinglante injure
Celui-là c'est probable en était un fameux.

Misogyne à coup sûr asexué sans doute
Au charmes de Vénus absolument rétif
Etait ce bougre qui toute honte bue toute
Fit ce rapprochement d'ailleurs intempestif.

La malpeste soit de cette homonymie
C'est injuste madame et c'est désobligeant
Que ce morceau de roi de votre anatomie
Porte le même nom qu'une foule de gens.

Fasse le ciel qu'un jour, dans un trait de génie
Un poète inspiré que Pégase soutient
Donne en effaçant d'un coup des siècles d'avanie
A cette vraie merveille un joli nom chrétien

En attendant madame il semblerait dommage
Et vos adorateurs en seraient tous peinés
D'aller perdre de vue que pour lui rendre hommage
Il est d'autre moyen et que je les connais
Et que je les connais.

 

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El blasón

 

Habiendo tenido con él siempre una buena relación,

Me hubiese gustado celebrar, sin ser impertinente,

Tierno cuerpo femenino, tu más hermosa dote,

Que todos los que la han visto consideran alucinante.

 

Hubiese sido mi último canto, mi canto de cisne,

Mi última cartita de amor, mi mensaje de adiós.

Pero desgraciadamente las palabras que lo designan

Lo enfrentan con lo execrable, con lo odioso.

 

Es la gran lástima de la lengua francesa,

Es su talón de Aquiles y es su deshonor

No tener más que palabras cargadas de bajeza

para este incomparable instrumento de felicidad.

 

Mientras  que tantas flores tienen nombres poéticos,

Tierno cuerpo femenino, es una gran desgracia

Que la flor más dulce, la más erótica

Y la más embriagadora, los tenga de los más escabrosos.

 

Pero el peor de todos es un pequeño vocablo (1)

De tres letras nada más, familiar, habitual,

Es inexplicable, es irrevocable,

La vergüenza sea para el que lo usó la primera vez.

 

La vergüenza para el que por despecho, por juego,

Dio el mismo nombre, en su hil venenosa,

A este gran amigo del hombre y a la mordaz injuria.

Al cual, seguro que la expresión le venía perfecta.

 

Misógeno seguro, asexuado sin duda,

A los encantos de Venus totalmente reticente

Era este palurdo que con toda la desvergüenza

Hizo esta comparación por otro lado intempestiva.

 

Mala peste para esta homonimia,

Es injusta, señora, y es insultante

Que ese trozo de su anatomía

Lleve el mismo nombre que una multitud de gente.

 

Quiera el cielo que un día, en un arrebato de genio

Un poeta inspirado, sostenido por Pegaso,

Le dé, borrando de un golpe siglos de afrenta,

A esta verdadera maravilla un bonito nombre cristiano.

 

Mientras tanto, señora, sería una lástima,

Y vuestros adoradores estarían muy penados,

Perder de vista que para rendirle homenaje,

Hay otra forma y yo la conozco

Y yo la conozco.

 

(1) El pequeño vocablo al que hace referencia es “con”, que en francés antiguo se usaba para designar el órgano sexual femenino y que actualmente se utiliza para señalar a la gente que (no hay traducción exacta) reúne las cualidades de idiota, imbécil, tonto, etc.

 

Mourir pour des idées

 

Mourir pour des idées, l'idée est excellente

Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu

Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante

En hurlant à la mort me sont tombés dessus

Ils ont su me convaincre et ma muse insolente

Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi

Avec un soupçon de réserve toutefois:

Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,

D'accord, mais de mort lente


Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure

Allons vers l'autre monde en flânant en chemin

Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure

Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain

Or, s'il est une chose amère, désolante

En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater

Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée

Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente

D'accord, mais de mort lente



 

 

Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre

Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas

Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire

C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas

Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent

Bientôt Mathusalem dans la longévité

J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté

"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente

D'accord, mais de mort lente"


Des idées réclamant le fameux sacrifice

Les sectes de tout poil en offrent des séquelles

Et la question se pose aux victimes novices

Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?

Et comme toutes sont entre elles ressemblantes

Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau

Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau

Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente

D'accord, mais de mort lente


Encor s'il suffisait de quelques hecatombes

Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât

Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent

Au paradis sur terre on y serait deja

Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes

Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez

Et c'est la mort, la mort toujours recommencée…

Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente

D'accord, mais de mort lente

 

 


O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres,

Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas

Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!

La vie est à peu près leur seul luxe ici bas

Car, enfin, la Camarde est assez vigilante

Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux

Plus de danse macabre autour des échafauds!

Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente

D'accord, mais de mort lente

 

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Morir por las ideas

 

Morir por las ideas, la idea es excelente
yo he estado a punto de morir por no haberla tenido,
pues todos los que la tenían, multitud agobiante,
ahuyando a la muerte, me han caído encima.
Ellos han sabido convencerme y mi musa insolente,
abjurando de sus errores, se ha unido a su fe
con un poco de reserva en todo caso:
Muramos por las ideas, de acuerdo, pero de muerte lenta,
de acuerdo, pero de muerte lenta.

Juzgando que no hay peligro en la tardanza,
vayamos hacia el otro mundo ganduleando por el camino,
pues, si forzamos la marcha, sucede que se muere
por unas ideas que no tienen futuro el día de mañana.
Y si hay una cosa amarga, desoladora
al entregar el alma a Dios, es darse cuenta
que hemos equivocado el camino, que nos hemos equivocado de idea:
Muramos por las ideas, de acuerdo, pero de una muerte lenta
de acuerdo, pero de una muerte lenta.

Los charlatanes que predican el martirio
normalmente, por otra parte, se rezagan aquí abajo.
Morir por las ideas,  todo hay que decirlo,
es su razón de vivir, y no se privan de ello.
En casi todas partes se ve que superan
fácilmente a Matusalén en la longevidad,
y yo concluyo que ellos deben decirse, bajito:
“Muramos por las ideas, de acuerdo, pero de muerte lenta
de acuerdo, pero de muerte lenta”.

A las ideas que reclaman el cacareado sacrificio
las sectas de toda índole les ofrecen retahílas enteras
y la cuestión se plantea a la victimas novatas