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GEORGES BRASSENS

 

DISCO 1 (1952-1954)

INDICE

1. LA MAUVAISE REPUTATION

7. LA CHASSE AUX PAPILLONS

2. LE FOSSOYEUR

8. LE PARAPLUIE

3. LE GORILLE

9. LA MARINE

4. LE PETIT CHEVAL

10. CORNE D’AUROCHS

5. BALLADE DES DAMES DU TEMPS JADIS

11. IL SUFFIT PASSER LE PONT

6. HECATOMBE

12. COMME HIER

 

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La mauvaise réputation

Au village, sans prétention,

J'ai mauvaise réputation.

Qu'je m'démène ou qu'je reste coi

Je pass' pour un je-ne-sais-quoi!           

Je ne fait pourtant de tort à personne             

En suivant mon chemin de petit bonhomme.

Mais les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Non les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Tout le monde médit de moi,

Sauf les muets, ça va de soi.


Le jour du Quatorze Juillet

Je reste dans mon lit douillet.

La musique qui marche au pas,

Cela ne me regarde pas.

Je ne fais pourtant de tort à personne,

En n'écoutant pas le clairon qui sonne.

Mais les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Non les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Tout le monde me montre du doigt

Sauf les manchots, ça va de soi.

Quand j'croise un voleur malchanceux,
Poursuivi par un cul-terreux;

J'lance la patte et pourquoi le taire,

Le cul-terreux s'retrouv' par terre

Je ne fait pourtant de tort à personne,

En laissant courir les voleurs de pommes.

Mais les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Non les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Tout le monde se rue sur moi,

Sauf les culs-de-jatte, ça va de soi.


Pas besoin d'être Jérémie,

Pour d'viner l'sort qui m'est promis,

S'ils trouv'nt une corde à leur goût,

Ils me la passeront au cou,

Je ne fait pourtant de tort à personne,

En suivant les ch'mins qui n'mènent pas à Rome,

Mais les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Non les brav's gens n'aiment pas que

L'on suive une autre route qu'eux,

Tout l'mond' viendra me voir pendu,

Sauf les aveugles, bien entendu.

 

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Brassens en español

La mala reputación

 

En mi pueblo sin pretensión
tengo mala reputación,
haga lo que haga es igual
¡me toman por un no sé qué!
Yo no hago sin embargo daño a nadie
siguiendo mi camino de buen hombre.
Pero a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo.
No a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo,
Todo el mundo me maldice,
salvo los mudos, es natural.

El Catorce de Julio (1)
yo me quedo en mi cama blandita.
La música que marca el paso,
me trae sin cuidado.
Yo no le hago sin embargo daño a nadie,
al no oir los clarines que suenan.

Pero a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo.
No a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo,
todo el mundo me señala con el dedo
salvo los mancos, es natural.


Cuando me cruzo con un ladrón desgraciado

perseguido por un destripaterrones,
Pongo la pierna y porqué callarlo,
el destripaterrones se va al suelo,
Yo no hago sin embargo daño a nadie
dejando correr los ladrones de manzanas.

Pero a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo.
No a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo,
todo el mundo se abalanza sobre mí,
salvo los cojos, es natural.

No hace falta ser Jeremías,
para adivinar la suerte que me está destinada,
si ellos encuentran una cuerda que les plazca,
me la echarán al cuello.
Yo no hago sin embargo daño a nadie
al seguir los caminos que no llevan a Roma.

Pero a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo.
No a las buenas gentes no les gusta que
se siga un camino distinto al suyo,
Todo el mundo vendrá a verme ahorcado,
salvo los ciegos, es natural.

 

(1) 14 de Julio: Día de la fiesta nacional francesa. Es el día de la toma de la Bastilla, inicio de la Revolución Francesa.

 

Le fossoyeur

 

Dieu sait qu'je n'ai pas le fond méchant

Je ne souhait' jamais la mort des gens

Mais si l'on ne mourait plus

J'crèv'rais de faim sur mon talus


J'suis un pauvre fossoyeur


Les vivants croient qu'je n'ai pas d'remords

A gagner mon pain sur l'dos des morts

Mais ça m'tracasse et d'ailleurs

J'les enterre à contrecœur


J'suis un pauvre fossoyeur


Et plus j'lâch' la bride à mon émoi

Et plus les copains s'amus'nt de moi

Y m'dis'nt: " Mon vieux, par moments

T'as un' figur' d'enterr'ment"

J'suis un pauvre fossoyeur


J'ai beau m'dir' que rien n'est éternel

J'peux pas trouver ça tout naturel

Et jamais je ne parviens

A prendr' la mort comme ell' vient


J'suis un pauvre fossoyeur


Ni vu ni connu, brav' mort adieu !

Si du fond d'la terre on voit l'Bon Dieu

Dis-lui l'mal que m'a coûté

La dernière pelletée

 

J'suis un pauvre fossoyeur

 

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El enterrador

 

Dios sabe que no soy malo por naturaleza
no le deseo jamás la muerte a nadie
pero si la gente no muriese
yo moriría de hambre en un rincón

Yo soy un pobre enterrador

Los vivos creen que no tengo remordimientos
ganando mi pan a costa de los muertos
pero eso me inquieta y además
los entierro a disgusto

Yo soy un pobre enterrador

Y mientras más suelto la rienda de mis emociones
más se burlan los amigos de mí
diciéndome: “Amigo, a veces
Tienes pinta de estar en un entierro”.


Yo soy un pobre enterrador

Por mucho que me diga  que nada es eterno
yo no puedo encontrar nada  de esto natural
y nunca me acostumbro
a tomar la muerte tal como llega.

Yo soy un pobre enterrador

Aunque nunca te vi ni te conocí, ¡adiós buen muerto!
Si desde el fondo de la tierra se ve al Buen Dios
Dile lo mucho que me ha costado
La última palada.

Yo soy un pobre enterrador

 

Le gorille 

 

C'est à travers de larges grilles,

Que les femelles du canton,

Contemplaient un puissant gorille,

Sans souci du qu'en-dira-t-on.

Avec impudeur, ces commères

Lorgnaient même un endroit précis

Que, rigoureusement ma mère

M'a défendu de nommer ici...

Gare au gorille !...


Un jour la porte de la prison bien close

Où vivait le bel animal

S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose

Qu'on avait du la fermer mal.

Le singe, en sortant de sa cage

Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !"

Il parlait de son pucelage,

Vous aviez deviné, j'espère!

Gare au gorille !...


L'patron de la ménagerie

Criait, éperdu : "Nom de nom !

C'est assommant car le gorille

N'a jamais connu de guenon !"

Dès que la féminine engeance

Sut que le singe était puceau,

Au lieu de profiter de la chance,

Elle fit feu des deux fuseaux !

Gare au gorille !...

Celles là même qui, naguère,

Le couvaient d'un œil décidé,

Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère

De la suite dans les idées ;

D'autant plus vaine était leur crainte,

Que le gorille est un luron

Supérieur à l'homme dans l'étreinte,

Bien des femmes vous le diront !

Gare au gorille !...


Tout le monde se précipite

Hors d'atteinte du singe en rut,

Sauf une vielle décrépite

Et un jeune juge en bois brut;

Voyant que toutes se dérobent,

Le quadrumane accéléra

Son dandinement vers les robes

De la vieille et du magistrat !

Gare au gorille !...


"Bah ! soupirait la centenaire,

Qu'on puisse encore me désirer,

Ce serait extraordinaire,

Et, pour tout dire, inespéré !" ;

Le juge pensait, impassible,

"Qu'on me prenne pour une guenon,

C'est complètement impossible..."

La suite lui prouva que non !

Gare au gorille !...


Supposez que l'un de vous puisse être,

Comme le singe, obligé de

Violer un juge ou une ancêtre,

Lequel choisirait-il des deux ?

Qu'une alternative pareille,

Un de ces quatres jours, m'échoie,

C'est, j'en suis convaincu, la vieille

Qui sera l'objet de mon choix!

Gare au gorille !...


Mais, par malheur, si le gorille

Aux jeux de l'amour vaut son prix,

On sait qu'en revanche il ne brille

Ni par le goût, ni par l'esprit.

Lors, au lieu d'opter pour la vieille,

Comme l'aurait fait n'importe qui,

Il saisit le juge à l'oreille

Et l'entraîna dans un maquis !

Gare au gorille !...


La suite serait délectable,

Malheureusement, je ne peux

Pas la dire, et c'est regrettable,

Ça nous aurait fait rire un peu ;

Car le juge, au moment suprême,

Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,

Comme l'homme auquel, le jour même,

Il avait fait trancher le cou.

Gare au gorille !...

 

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El gorila

 

Es a través de las anchas rejas
que las hembras del pueblo
contemplaban un potente gorila,
sin preocuparse del qué dirán.
Con impudor, estas comadres
miraban incluso un lugar preciso
que, rigurosamente, mi madre
me ha prohibido nombrar aquí...
¡Cuidado con el gorila!...

Un día la puerta de la prisión bien cerrada
donde vivía el bello animal
se abre, no se sabe porqué. Yo supongo
que se debía de haber cerrado mal.
El simio, al salir de su jaula
Dice “¡Hoy es cuando la voy a perder!”
Él hablaba de su virginidad,
lo habréis adivinado, ¡espero!
¡Cuidado con el gorila!...

El encargado del zoo
gritaba, fuera de sí: “¡Dios mío,
es terrible, pues el gorila
nunca ha conocido hembra!”
Desde que la ralea femenina
supo que el simio era virgen,
en lugar de aprovechar la ocasión,
corría que volaban!
¡Cuidado con el gorila!...


Las que incluso, hacía un momento,
se lo comían con los ojos,
huyeron, probando que apenas eran
consecuente con sus ideas;
Tanto más vano era su temor,
cuanto que el gorila es un cachondo
superior al hombre en los abrazos,
¡Muchas mujeres os lo dirán!
¡Cuidado con el gorila!...

Todo el mundo corre que se las pela
fuera del alcance del simio en celo,
salvo una vieja decrépita
y un joven juez bruto como un tarugo;
viendo que todas se ocultan,
el cuadrumano aceleró
sus vaivenes hacia las ropas
de la vieja y del magistrado!
¡Cuidado con el gorila!...

“Bah! suspiraba la centenaria,
que puedan aún desearme
sería extraordinario,
y, a decir verdad, inesperado!”;
El juez pensaba, impasible,
“Que me tomen por una gorila,
es completamente imposible...”
Lo que pasó a continuación le demostró que no!
¡Cuidado con el gorila!...

Suponed que uno de vosotros estuviese,
como el simio, obligado a
violar un juez o un vejestorio,
¿Cuál elegiríais de los dos?
Si una alternativa parecida,
cualquier día de estos, me tocase en suerte,
es, estoy convencido, a la vieja
a quien yo elegiría.
¡Cuidado con el gorila!...

Pero por desgracia, si el gorila
en el juego del amor vale su precio en oro,
se sabe que, por el contrario, no brilla
ni por el gusto, ni por la inteligencia.
Así, en lugar de optar por la vieja,
como lo hubiese hecho cualquiera,
cogió al juez por la oreja
y lo arrastró hasta un matorral!
¡Cuidado con el gorila!...

Lo que sigue es delectable;
desgraciadamente, no puedo
contarlo y es una lástima
pues nos hubiese hecho reir un poco:
pues el juez, en el momento supremo,
gritaba: “Mamá!”, lloraba mucho,
como el hombre al cual, ese mismo día,
le había hecho cortar el cuello.
Cuidado con el gorila!...

 

Le petit cheval

 

Le petit cheval dans le mauvais temps

Qu'il avait donc du courage

C'était un petit cheval blanc

Tous derrière et lui devant


Il n'y avait jamais de beau temps

Dans ce pauvre paysage

Il n'y avait jamais de printemps

Ni derrière ni devant


Mais toujours il était content

Menant les gars du village

A travers la pluie noire des champs

Tous derrière et lui devant


Sa voiture allait poursuivant

Sa belle petite queue sauvage

C'est alors qu'il était content

Tous derrière et lui devant


Mais un jour, dans le mauvais temps

Un jour qu'il était si sage

Il est mort par un éclair blanc

Tous derrière et lui devant


Il est mort sans voir le beau temps

Qu'il avait donc du courage

Il est mort sans voir le printemps

Ni derrière ni devant

 

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El caballito

 

El caballito en el mal tiempo
qué coraje tenía,
era un caballito blanco
Todos detrás y él delante.

Nunca había buen tiempo
en este pobre paisaje
Nunca había primavera
ni detrás ni delante.

Pero siempre estaba contento
llevando a los niños del pueblo
a través de la lluvia negra de los campos
todos detrás y él delante.

Su carro iba persiguiendo
su pequeña cola salvaje
Era entonces cuando estaba contento
todos detrás y él delante.

Pero un día, en el mal tiempo,
un día en que hacía tan bien su trabajo,
murió a causa de un relámpago blanco
todos detrás y él delante

Murió sin ver el buen tiempo
pero qué coraje tenía
murió sin ver la primavera
ni detrás ni delante.

 

Ballade des dames du temps jadis

Balada de las damas de antaño

Dites moy ou, n'en quel pays
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, né Thaïs
Qui fut sa cousine germaine,
Echo parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan
Qui beaulté ot trop plus qu'humaine.
Mais ou sont les neiges d'antan?
Qui beaulté ot trop plus qu'humaine.
Mais ou sont les neiges d'antan?

Ou est très sage Hélloïs,
Pour qui chastré fut et puis moyne
Pierre Esbaillart a Saint Denis?
Pour son amour ot ceste essoyne.
Semblablement, ou est royne
Qui commanda que buridan
Fut geté en ung sac en Saine?
Mais ou sont les neiges d'antan?
Fut geté en ung sac en Saine?
Mais ou sont les neiges d'antan?

La royne blanche comme lis
Qui chantoit a voix de seraine,
Berte au grand pié, Bietris, Alis
Haremburgis qui tient le Maine,
Et Jehanne la bonne Lorraine
Qu'Englois brûlèrent a Rouen;
Où sont ils, ou Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?
Où sont ils ou Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquérez de sepmaine
Ou elles sont, ne de cest an,
Qu'a ce refrain ne vous remaine:
Mais ou sont les neiges d'antan?
Qu'a ce refrain en vous remaine;
Mais ou sont les neiges d'antan?

 

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Balada de las damas de antaño

Decidme ¿dónde, en qué país,
Está Flora la bella romana,
Arquipíades llamada Thaís
Que de la otra fue prima hermana;
Eco hablando cuando ruido se hace
En los arroyos o en los estanques,
Que belleza tuvo mucho más que humana?
¿Dónde están las nieves del año pasado?

¿Dónde está la muy sabia Heloísa
por la que fue castrado y fue monje
Pedro Esbaillart en San Dionisio
Que por amor sufrió aquel escarnio?
¿Dónde está también esa reina,
La que ordenó que a Buridán
En un saco lo echasen al Sena?
¿Dónde están las nieves del año pasado?

La reina Blanca como un lirio
Que cantaba con voz de sirena
Berta y sus grandes pies, Alís y Bietrís,
Aremburgís que gobernó en Maine,
Y Juana la buena lorena
Que ingleses quemaron en Ruán;
¿Dónde, dónde están, Virgen soberana,
Dónde están las nieves del año pasado?

Príncipe, no habrá semana ni habrá año
Si preguntáis adónde fueron
Que este estribillo yo no os traiga a cuento:
¿Dónde están las nieves del año pasado?

(Traducción: Miguel Frontán)

 

 

¡Muchas gracias Miguel!

 

Visiten su espacio web:

http://www.geocities.com/monantho/

 

Hécatombe

 

Au marché de Briv'-la-Gaillarde

A propos de bottes d'oignons,

Quelques douzaines de gaillardes

Se crêpaient un jour le chignon.

A pied, à cheval, en voiture

Les gendarmes, mal inspirés,

Vinrent pour tenter l'aventure

D'interrompre l'échauffourée


Or, sous tous les cieux sans vergogne

C'est un usag' bien établi

Dès qu'il s'agit d'rosser les cognes

Tout le monde se réconcilie.

Ces furies perdant tout' mesure

Se ruèrent sur les guignols

Et donnèrent, je vous l'assure,

Un spectacle assez croquignol


En voyant ces braves pandores

Etre à deux doigts de succomber,

Moi, j'bichais car je les adore

Sous la forme de macchabées

De la mansarde où je reside

J'exitais les farouches bras

Des mégères gendarmicides

En criant: "Hip, hip, hip, hourra!"


Frénétiqu' l'un' d'elles attache

Le vieux maréchal des logis

Et lui fait crier: "Mort aux vaches,

Mort aux lois, vive l'anarchie!"

Une autre fourre avec rudesse

Le crâne d'un de ses lourdauds

Entre ses gigantesques fesses

Qu'elle serre comme un étau.


La plus grasse de ses femelles

Ouvrant son corsage dilaté,

Matraque à grand coup de mamelles

Ceux qui passent à sa portée.

Ils tombent, tombent, tombent, tombent

Et s'lon les avis compétents

Il paraît que cette hecatombe

Fut la plus bell' de tous les temps


Jugeant enfin que leurs victimes

Avaient eu leur content de gnons,

Ces furies comme outrage ultime

En retournant à leurs oignons

Ces furies, à peine si j'ose

Le dire, tellement c'est bas

Leur auraient mêm' coupé les choses:

Par bonheur ils n'en avait pas.

Leur auraient mêm' coupé les choses:

Par bonheur ils n'en avait pas.

 

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Hecatombe

 

En el mercado de Brive-la-Gaillarde
a propósito de un  manojo de cebollas,
algunas decenas de buenas mozas
se tiraban un día del moño.
A pie, a caballo, en coche
los gendarmes, poco inspirados,
llegaron para intentar la aventura
de interrumpir la refriega.

Pero, bajo todos los cielos sin vergüenza
es una costumbre bien arraigada
que en cuanto se trata de vapulear a los polis
todo el mundo se reconcilia.
Esas furias fuera de control
se abalanzaban sobre los payasos
y dieron, os lo aseguro,
un espectáculo bastante rudo.

Viendo a estos bravos maderos,
que estaban a dos pasos de sucumbir,
Yo, yo estaba contento, pues yo los adoro
en forma de “fiambres”.
Desde la buhardilla donde resido
yo jaleaba los feroces brazos
de las arpías gendarmicidas
gritando: “Hip, hip, hip, hurra!

Frenética, una de ellas agarra
al viejo mariscal de caballería
y le hizo gritar: “Muerte a los fachas (1),
mueran las leyes, viva la anarquía!”.
Otra, mete con rudeza
el cráneo de uno de esos zafios
entres sus gigantescas nalgas
que cierra como unas tenazas.

La más gorda de las hembras,
abriendo su enorme blusa,
golpea con grandes golpes de tetas
a los que se ponen a su alcance.
Y caen, caen, caen, caen.
Y según la opinión competente
parece que esta hecatombe
fue la más hermosa de todos los tiempos.

Juzgando finalmente que sus víctimas
habían recibido ya su buena ración de golpes,
estas furias, como último ultraje
volviendo a sus cebollas
estas furias, apenas si me atrevo
a decirlo, de tan bajuno como es,
les habrían incluso cortado sus partes:
por suerte, ellos no tenían.
les habrían incluso cortado sus partes:
por suerte, ellos no tenían.

 

(1)     Mort aux vaches: La expresión vendría de « mort aux Waches », siendo wache (centinela) la palabra alemana que aparecía escrita en las garitas de los soldados que vigilaban la frontera franco-alemana en la 1ª Guerra Mundial.

 

 

La chasse aux papillons

 

Un bon petit diable à la fleur de l'âge

La jambe légère et l'œil polisson             

Et la bouche pleine de joyeux ramages

Allait à la chasse aux papillons


Comme il atteignait l'orée du village

Filant sa quenouille, il vit Cendrillon

Il lui dit : "Bonjour, que Dieu te ménage

J't'emmène à la chasse aux papillons"


Cendrillon ravie de quitter sa cage

Met sa robe neuve et ses botillons

Et bras d'ssus bras d'ssous vers les frais bocages

Ils vont à la chasse aux papillons


Il ne savait pas que sous les ombrages

Se cachait l'amour et son aiguillon

Et qu'il transperçait les cœurs de leur âge

Les cœurs des chasseurs de papillons


Quand il se fit tendre, elle lui dit : "J'présage

Qu'c'est pas dans les plis de mon cotillon

Ni dans l'échancrure de mon corsage

Qu'on va à la chasse aux papillons"


Sur sa bouche en feu qui criait : "Sois sage !"

Il posa sa bouche en guise de bâillon

Et c'fut l'plus charmant des remue-ménage

Qu'on ait vu d'mémoir' de papillon


Un volcan dans l'âme, ils r'vinrent au village

En se promettant d'aller des millions

Des milliards de fois, et mêm' davantage

Ensemble à la chasse aux papillons


Mais tant qu'ils s'aim'ront, tant que les nuages

Porteurs de chagrins, les épargneront

Il f'ra bon voler dans les frais bocages

Ils f'ront pas la chasse aux papillons

 

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